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C. Montluc, psychologue

Penser les conduites addictives

Les approches psychanalytiques indiquent que les addictions seraient une « recherche d’un apport externe dont le sujet a besoin pour son équilibre et qu’il ne peut pas trouver au niveau de ses ressources internes » et une « tentative de maitrise d’un objet externe » (Jeammet P., 1997). Ou encore que la conduite addictive, qui se présente souvent comme une quête d’affranchissement de la dépendance affective, s’appuierait sur des « troubles de l’identification et des relations d’objet qui entraîneraient une dépendance aux objets externes » (P. Gutton, 1997).

O. Taïeb et al. (2008) en s’appuyant sur les travaux de P. Jeammet (1997) et de A. Green (1990) ont encore précisé que l’objet d’addiction serait toujours extérieur, toujours à la disposition du sujet dans une relation d’emprise réciproque et servirait de pare-excitations et d’enveloppe protectrice, évitant au sujet à la fois des angoisses de perte et des angoisses d’intrusion.

Ces éléments permettent de mieux penser les patients souffrant d’addictions et de proposer des pistes pour une prise en charge thérapeutique adaptée, répondant aux problématiques spécifiques du sujet avec addiction. Ils permettent en même temps de penser une importante spécificité de la relation thérapeutique avec ces patients.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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avril 21, 2012 Posted by | Addictions, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La question de l’identité dans les addictions

Nombre d’auteurs qui ont écrit sur les addictions ont souligné l’importance de cette question de l’identité dans les problématiques de l’addiction.

Pedinielli J.L. et al. (1997) ont indiqué que si la majorité des travaux avait montré que l’addiction pouvait avoir des vertus sédatives, elle comportait aussi, selon les théories psychanalytiques, une fonction restitutive de l’identité.

G. Pirlot (2009) a exploré ce lien entre « addiction et problématique identitaire » :  le comportement « addictif » apparaissant comme un processus mettant en jeu un système de récompense lorsque, faute de « tonus psychique de base » et de « tonus de base identitaire », l’appareil psychique ne parvenait pas à réguler par lui-même ses conflits ou émotions en excès.

Ainsi un « déficit » de construction identitaire chez un individu serait propice au développement de comportements d’addiction.

D’autres auteurs, parmi lesquels P. Jeammet, ont indiqué aussi que le sentiment de sécurité intérieure semblant manquer au sujet, les addictions auraient fonction de compromis, en mettant sous emprise un élément de réalité extérieure, avec pour enjeu central la sauvegarde de l’identité (selon l’indication de Pedinielli et al., 1997).

O. Taïeb et al. (2008) ont aussi souligné qu’il était d’autant plus nécessaire de s’intéresser à la construction de l’objet « addiction » que les patients avec addictions, « face à la fragilité de leurs assises narcissiques, utilisent de façon prédominante la réalité externe pour sauvegarder leur identité »  Jeammet P. ( 1997) et organiser l’équilibre psychique interne.

Catherine Montluc

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avril 18, 2012 Posted by | Addictions | , , , , , , , | Laisser un commentaire