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C. Montluc, psychologue

Amour et haine dans le couple

Dans le cadre des séminaires consacrés à la « La vie du couple », en mai signalons:

« L’AMOUR ET LA HAINE DANS LE couple », Une conférence de D. Lauru

DIMANCHE APRÈS-MIDI 8 MAI 2016 OU MERCREDI SOIR 25 MAI 2016

Lieu: Espace Reuilly – 21, rue Antoine Julien Hénard, Paris 12ème

SÉMINAIRES psychanalytiques DE PARIS

 seminaires-psy@orange.fr  –  www.seminaires-psy.fr

 

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

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avril 19, 2016 Posted by | Actualités, actualités séminaires, Uncategorized | , , , , | Laisser un commentaire

Conférence « Le bébé est une personne » – 28 mars

Signalons cette conférence en fin de mois :

« Le bébé est une personne »   (Winnicott), conférence de Laura Dethiville

vendredi après-midi 28 mars 2014 de 13h30 à 16h30 à l’ Espace Reuilly – Paris

Inscription au  01 46 47 66 04 – Séminaires Psychanalytiques de Paris

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

mars 5, 2014 Posted by | Actualités, actualités séminaires, Uncategorized | , , , , , | Laisser un commentaire

Encourager le patient à s’inscrire dans une temporalité orientée

Selon P. Ricoeur « récits littéraires et histoires de vie, loin de s’exclure, se complètent » (1990), . P. Ricoeur a ainsi développé l’idée du « secours de la fiction ».

Elle permettrait de trouver des repères temporels indispensables pour saisir notre expérience : « C’est précisément en raison du caractère évasif de la vie réelle que nous avons besoin du secours de la fiction pour organiser cette dernière rétrospectivement ». La lecture du récit permettrait au lecteur de « refigurer » son expérience temporelle. (Ricœur P. ,1995).

En tant que psychologue, nous travaillons souvent lors des entretiens thérapeutiques avec les patients sur cette question de la temporalité.

Bien des troubles semblent liés à une difficulté pour les patients de s’inscrire dans une temporalité orientée et ayant un sens. Qu’il s’agisse de troubles de l’humeur, de dépression où les patients excluent les nouvelles possibilités du futur et ressassent parfois le passé dans une fixité délétère, ou des troubles psychotiques où se superposent plusieurs temporalités dans le même instant…

Encourager une inscription dans une temporalité ordonnée, au sein de la relation thérapeutique, en suscitant en particulier la narration, apparaît souvent comme l’une des clés du mieux être des patients.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

février 13, 2014 Posted by | Bibliotérapie, identité narrative, thérapie, Uncategorized | , , , , , , | Laisser un commentaire

Cryptes et fantômes

N. Abraham et M. Torök ont décrit dans leur livre* les inclusions qu’ils nomment « cryptes » au sein du Moi, séquelles enkystées de deuils familiaux non liquidés. Le fonctionnement psychique d’un enfant au contact d’un parent porteur de crypte serait affecté d’une façon que ces auteurs ont désigné sous le terme de « travail du fantôme au sein de l’inconscient » (1978).  N. Abraham écrit : « le fantôme qui revient hanter est le témoignage de l’existence d’un mort enterré dans l’autre ».  Le fantôme résulterait ainsi des effets sur l’inconscient de la crypte d’un autre, des effets de son secret enfoui.

A. Ancelin Schützenberger ** écrit à ce sujet : « Le « fantôme » semble poursuivre son œuvre en silence et en secret. Il se manifeste par des mots occultés, par un non-dit, par un silence, par des béances dans la réalité, des lacunes laissées en soi par les secrets d’un autre. »

* ABRAHAM N. et TORÖK M. (1978), L’écorce et le noyau, Flammarion

**Anne Ancelin Schützenberger, Aïe mes Aïeux, DDB 1998

Catherine Montluc,  Psychologue Paris 15e

février 10, 2014 Posted by | Citations, Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Pensée et action – citation

Une citation d’André Malraux à partager :

«  Penser en homme d’action et agir en homme de pensée« ,

tant il m’apparaît que la pratique de la psychologie clinique sous tend non seulement la réflexion et notre capacité à penser les patients,

mais se joue également dans les actes que nous leur proposons.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

 

 

février 10, 2014 Posted by | Uncategorized | , , , , , | Laisser un commentaire

Hospitalisme – Séminaire

A signaler, la conférence de Mme D. CANDILIS-HUISMAN, Jeudi 11 avril 2013, de 14h à 17h à l’Espace Reuilly, 21, rue Hénard, 75012 Paris  consacrée à « L’Hospitalisme, Le bébé séparé de sa mère », organisée par les SÉMINAIRES PSYCHANALYTIQUES DE PARIS. Renseignements au 01 46 47 66 04

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

mars 25, 2013 Posted by | Actualités, actualités séminaires, femmes, Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , | Laisser un commentaire

Ambivalence et paradoxalité

H. Sztulman, dans un texte d’inspiration freudienne sur les états limites, utilise le Mythe de Persée pour illustrer le concept de paradoxalité, un mode d’organisation psychique particulier avec sa fonction et ses effets. Il précise « Alors que la fonction du conflit psychique est de tenter de lier les termes en opposition, à l’inverse, la fonction de la paradoxalité est d’essayer d’éviter le conflit (interpersonnel, intrapsychique…). »

Or, écrit-il « le conflit fonde l’essence même de l’existence d’une vie psychique, en créant des liens, même s’il s’agit de liens d’opposition.  Au contraire, dans la déliaison psychique le conflit disparaît, rapprochant le sujet de la pulsion de mort. Le paradoxe, défense la plus radicale et la plus efficace pour lutter contre l’ambivalence, en liant les contraires annule le conflit psychique, mais l’opération se fait au risque de la dissociation psychotique. »

Encore selon H. Sztulman , « tout comme Oedipe, Persée fut l’objet d’un terrible destin : fruit d’amours interdites, il était promis à tuer son grand-père. Il dut affronter plusieurs épreuves jusqu’à l’ultime confrontation avec la Méduse, dont il parvint à trancher la tête. 

Une fois la tête de Méduse tranchée,  deux flots de sang distincts jaillirent de son cou : l’un était un poison mortel tuant instantanément toute personne entrant en contact avec lui ; l’autre, était un nectar possédant la propriété de guérir les malades et de ressusciter les morts. Ainsi, la levée du paradoxe libère et remet en circulation des courants pulsionnels intriqués qui fondent l’ambivalence, alors que ces deux flots avaient toujours été conjoints dans le paradoxe. « 

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

mars 3, 2013 Posted by | concepts et pratique, Uncategorized | , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

V. Frankl : « Vivre comme si c’était la seconde fois »

Pour mieux comprendre l’approche de V. Frankl, on peut s’arrêter sur cette citation tirée de son livre « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie » :

 » L’importance de la responsabilité se reflète dans ce défi (…) : vivre comme si c’était la seconde foisIl me semble que rien ne saurait davantage stimuler le sens des responsabilités que cette maxime. (…) On se trouve ainsi confronté tant au caractère limité de la vie qu’au caractère irrévocable de ce qu’on fait de sa vie et de soi- même. »

Rappelons que V. Frankl a enseigné la logothérapie dans plusieurs  universités, notamment aux USA, à Harvard, San Diego, Stanford … et que, rescapé des camps de concentration nazis, il s’est intéressé à cette quête du sens de la vie, selon lui, centrale chez l’homme.

En savoir plus sur Victor E. Frankl en lisant un précédent article de pagepsy ou cet autre

Catherine Montluc, Psychologue 75015

 

janvier 31, 2013 Posted by | Au coin du feu - Livres, Citations, Uncategorized | , , , , , | Laisser un commentaire

Victor E. Frankl, une tension inhérente à l’être humain

 Victor E. Frankl* :

 » la santé mentale est fondée sur un certain degré de tension entre ce que nous avons déjà réalisé et ce qui nous reste à réaliser ou sur la différence entre ce qu’on est et ce qu’on devrait être. Cette tension étant inhérente à l’être humain et donc indispensable à sa santé mentale, on ne devrait pas hésiter à le confronter avec le sens de sa vie. Ainsi, ce sens passera chez lui d’un état subconscient à un état conscient. A mon  avis, il est risqué de croire que la santé mentale dépend avant tout d’un équilibre intérieur dénué de toute tension. Ce dont l’humain a besoin, ce n’est pas de vivre sans tension  » …  » Il a besoin, non de se libérer de sa tension, mais plutôt de se sentir appelé à accomplir quelque chose. « 

Et de préciser le rôle du thérapeute et ses exigences :

« Donc, si le thérapeute veut renforcer la santé mentale de son client, il ne doit pas craindre de créer en lui une tension lorsqu’il essaie de l’orienter vers la recherche d’un but à atteindre. »

En savoir plus sur Victor E. Frankl en lisant un précédent article de pagepsy

Catherine Montluc, Psychologue 75015

« Decouvrir un sens à sa vie avec  la logotjérapie  » V. E. Frankl

janvier 28, 2013 Posted by | Au coin du feu - Livres, Citations, thérapie, Uncategorized | , , , , , , , | 2 commentaires

Sentiment de détresse et rupture migratoire

Grinberg L., Grinberg R. (1986) * précisent que le sentiment de détresse ressenti par certains migrants suite à la rupture migratoire serait lui-même

« basé originellement sur le modèle du traumatisme de la naissance (O. Rank) et sur la perte de la mère protectrice. Cela correspondrait aussi à l’expérience de la perte de l’« objet contenant » (Bion), qui entraîne comme conséquence la menace, dans des situations extrêmes, de désintégration et de dissolution moïque, avec perte des limites du Moi. Ce risque est perçu avec plus d’intensité, lorsque dans l’enfance on a subi des situations importantes de carence et de séparation, avec pour conséquence un vécu d’angoisse et de détresse » . 

* GRINBERG L., GRINBERG R., (1986), Psychanalyse du migrant et de l’exilé. Cesura Lyon Editions, coll. Psychanalyse.

Voir l’article précédent sur le même thème.

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

janvier 8, 2013 Posted by | Citations, migration, Uncategorized | , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Une rupture migratoire « toujours marquante »

« Éloignés du lieu de leurs ancrages narcissiques et de leurs repères symboliques, coupés des parfums et des saveurs du pays natal, ils [ces personnes que l’on nomme les immigrés] se retrouvent dans un contexte qui n’est plus soutenu par du familier. Ce déplacement vient réactiver les blessures infantiles et rendre plus lancinante la séparation d’avec l’objet du désir ; d’où parfois pour certains le vécu dépressif...»  Stitou R., 1997 

Sur la rupture migratoire, D. Calin souligne aussi (2003) qu’elle est toujours marquante, en sa forme radicale de changement de positionnement social. Les projections fantasmatiques sur les conditions d’arrivée et de vie dans le pays d’accueil sont souvent éloignées de la réalité, et les désillusions, souvent brutales. Cette rupture générerait chez nombre de migrants une crise identitaire, lancinante ou aiguë, et indirectement aussi, chez leurs descendants.

Acteurs de la rupture avec le groupe d’appartenance, les parents auraient parfois, comme l’indique E. Rude Antoine (2001) «un fantasme d’illégitimité».  Quand la recomposition identitaire est difficile pour des parents qui se sentent parfois blessés par la migration, l’élaboration identitaire des enfants pourrait aussi être entravée, ceci étant accentué par le vécu de dévalorisation parentale. Ces enfants se présenteraient alors souvent comme des victimes de leur histoire, avec parfois des sentiments de honte, d’humiliation ou des tendances auto-destructrices. E. Rude Antoine (2001) indique aussi que les récits de ces enfants montrent « une culpabilité en lien avec l’histoire que les parents portent et dont ils sont héritiers, notamment le sentiment d’une double faute, celle liée à l’acte d’émigrer et celle de la communauté d’origine qui les a laissés partir. »

Cette question nous permet d’insister sur l’importance d’un travail sur le transgénérationnel en séance avec les patients et plus encore avec ceux ayant dans leur histoire ou dans celles de leurs parents ou grands parents un vécu de rupture migratoire. Ceci dans le but d’aider au déploiement chez les patients d’une identité narrative ayant un sens et  une temporalité.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

janvier 7, 2013 Posted by | identité narrative, migration, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , | Un commentaire

Effacement et deuil, monde virtuel et monde réel

Damien Le Guay* est philosophe et vice Président du Comité national d’éthique du funéraire. Dans son dernier livre, paru en octobre 2012 aux Editions du Cerf, « la Mort en cendres », il livre une réflexion pertinente sur notre statut post mortem et sur la façon dont notre humanité regarde ses morts, à partir du constat de l’augmentation du nombre de crémations aujourd’hui en France.

La crémation concernerait 30% des décès et pourrait atteindre 50% d’ici peu. Un choix qui répondrait majoritairement aux soucis de « ne pas encombrer ses proches, ni polluer les paysages « . Un choix à la symbolique très pauvre : « le degré zéro des obsèques », et qui en dirait long sur notre humanité.

« Mon hypothèse, écrit-il*, est qu’il y a, de nos jours, un lien direct entre cette crémation et l’inhospitalité du « monde commun » décrit par Hannah Arendt. Les individus se pensent, de leur vivant , en surnombre au point d’accepter, une fois morts, de finir en  » déchets ultimes ».  » 

Nous serions condamnés à vouloir laisser de moins en moins de traces de notre vie, de notre passage sur terre.« Nous sommes, écrit il*, tous devenus ces Indiens des westerns qui, derrière eux, effacent le passage de leurs routes et donc d’eux-mêmes. »  La nouvelle peur serait celle « d’être visible », il y aurait « un souci presque comminatoire d’invisibilité« .

Fin observateur du monde actuel, il ajoute : «  Paradoxalement, les réseaux sociaux seraient une manière de laisser des traces dans le monde virtuel quand il est difficile d’en laisser dans le monde réel », et ce d’autant que sur la toile il n’est aucune trace mortuaire, ni tombes, ni cimetières… ceux là même appelés peut être à disparaître du monde réel si le choix de la crémation devenait celui de chacun… celui de tous.

L’une de nos missions, en tant que psychologue, consiste à accompagner les personnes endeuillées dans un nécessaire et toujours douloureux travail de deuil. Cette réflexion de D. Le Guay a le mérite de souligner l’enjeu d’une mutation en cours face à ces nouveaux paysages funéraires qui va de pair avec une certaine dynamique –  pour ne pas dire tyrannie – de l’ effacement, certes délétère mais qu’il s’agit surtout aujourd’hui de prendre en considération dans nos interventions.

* article paru dans Libération le 1er novembre 2012  » Une mort détraquée … comme la vie »  

Catherine Montluc, Psychologue 75015

novembre 16, 2012 Posted by | Actualités, Au coin du feu - Livres, deuil, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , , | Un commentaire

La transparence psychique, M. Bydlowski

« La grossesse est le moment d’un état psychique particulier, un état de susceptibilité ou de transparence psychique où des fragments de l’inconscient viennent à la conscience . »  C’est ainsi que Monique Bydlowski dans « La dette de vie. Itinéraire psychanalytique de la maternité. »  décrit l’état de transparence psychique de la femme enceinte.

Elle ajoute aussi que cette grossesse, occasion d’une « crise mâturative, contient sa propre capacité évolutive et contribue au processus de formation d’une identité nouvelle« .

Cet état de transparence psychique décrirait « à la fois un état relationnel particulier – d appel à l’aide latent et quasi permanent  – et une corrélation entre la situation de gestation actuelle et les remémorations infantiles » qui irait « de soi sans soulever de résistance ».

Ce billet n’a d’autre ambition que d’inciter ceux qui accueillent et proposent une relation d’aide à des femmes enceinte à lire ou à relire encore une fois ce texte tant le concept de transparence psychique ouvre les possibilités d’un travail riche et sans cesse renouvelé et créatif avec ces patientes. 

Catherine Montluc, psychologue Paris 15

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octobre 23, 2012 Posted by | Au coin du feu - Livres, Citations, concepts et pratique, femmes, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , | 4 commentaires

Psychoses infantiles – Citation de R. Diatkine

R. Diatkine  : «  Si l’on cesse d’aborder les psychoses infantiles en termes de manque, d’arrêt ou même de fixation, il faut admettre que cette organisation définit un mode d’être qui a une valeur pour les enfants qui en sont atteints. Tout traitement consiste d’abord à perturber cet ordre (…) provoquer un déséquilibre, qui ne peut être bénéfique que si l’intéressé découvre à cette occasion de nouvelles sources de plaisir, au niveau de son fonctionnement mental, au niveau de l’utilisation du langage. »

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C. Montluc

octobre 7, 2012 Posted by | Autisme, Autisme TED, TED, Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , | Laisser un commentaire

Emergence du langage verbal chez l’enfant autiste

La question de l‘émergence du langage verbal chez certains enfants autistes interroge la problématique de la discontinuité centrale pour ces enfants.

Ainsi, Barral A. et al. (2010) nous indiquent que certaines particularités du langage des personnes autistes pourraient être des compromis entre désir de parler et stratégies défensives inconscientes visant à atténuer l’intensité émotionnelle ou la complexité sensorielle, à éviter les éprouvés de discontinuité, tout en se lançant dans le langage verbal.

G. Haag (1996) avait aussi indiqué qu’il ne fallait pas que l’expression des mots soit vécue pour ces enfants autistes comme l’écoulement d’une substance corporelle. La parole émise par l’enfant avec le dos collé, ou de côté ou le pointage semblent répondre à cette contrainte et à protéger l’enfant d’une angoisse de se vider en parlant. L’émergence d’un mot bien articulé au milieu d’un flot de sons incompréhensibles pourrait jouer ce même rôle, celui de compromis entre le désir de parler et la défense, en constituant une enveloppe protectrice autour du mot pour éviter un vécu de rupture. Il permettrait aussi peut être à l’enfant, qui prononce un mot dont le sens pourrait être trop vite partagé, de ne pas se sentir trop impliqué dans la relation.

Il s’agirait alors pour l’enfant de s’essayer à la rencontre via le langage verbal mais dans une implication qui resterait acceptable pour lui, en essayant encore de se protéger et de favoriser un vécu de moindre angoisse.

Catherine Montluc,

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mai 23, 2012 Posted by | Autisme, Autisme TED, Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

« L’enfant de remplacement » et le sentiment paradoxal de culpabilité

Tout enfant né après la mort d’un aîné n’est pas un « enfant de remplacement ».  M. Hanus précise qu’il ne serait son « remplaçant » « que dans la mesure où ses parents, sa mère n’ont pas pu en faire le deuil. Cet enfant de remplacement sans véritable place personnelle devient un objet de deuil. Il est amené à la vie dans le deuil, pour le deuil de ceux qui l’ont procréé à défaut de pouvoir en effectuer eux-mêmes le travail ».  Cet enfant de remplacement, » investi des fantasmes projetés par les parents sur l’enfant décédé, serait à cet égard toujours en défaut, l’enfant perdu et remplacé étant toujours idéalisé ».

Il apparaîtrait alors comme « l’objet fétichique de la mère, étant là pour porter le deuil de celui qui était avant lui et en faire le travail. Il est l’enfant d’une mère endeuillée d’un enfant. » (A. Sabbadini).

Comme l’a indiqué M. Porot, cet enfant, né dans une atmosphère de deuil non liquidé , identifié au mort dont on lui attribue la place, n’aurait pas le droit d’être lui-même et vivrait un sentiment de culpabilité paradoxal. Condamné à un non-être ou condamné à l’identique, auquel il lui serait difficile d’échapper, il souffrirait d’un sentiment de confusion de l’identité de soi.

Plus loin M. Porot (1996) indique encore que dans la survie de cet enfant, il y aurait comme une désignation. A propos de V. Van Gogh, célèbre « enfant de remplacement », V. Forrester décrit ce « frère mort dont il pense être, au mieux, le remplaçant, au pire, le meurtrier », « usurpant une place dans le monde des vivants ».

Si les parents se sentent coupables, voire tyrannisés par la culpabilité envers l’enfant perdu, ce deuil engendre aussi pour l’enfant de remplacement un sentiment paradoxal de culpabilité du survivant .

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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mai 23, 2012 Posted by | Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , , | 2 commentaires

Pourquoi utiliser des médiateurs dans la relation thérapeutique avec les enfants

Dans le travail avec les enfants, l’utilisation de médiateurs permet d’enrichir considérablement la palette de nos interactions, tout en portant une attention particulière aux éléments non verbaux.

Ces médiateurs (dessins, pâte à modeler, jeux…) s’avèrent d’autant plus essentiels dans le travail avec des enfants dont les capacités d’expression verbale sont inégales et parfois absentes.

Quelles sont les principales fonctions de ces médiateurs dans le travail avec les enfants?

Selon J.B. Chapelier, ces médiateurs ont la particularité de se présenter souvent comme un « équivalent du langage ». Support de la relation, ils permettent aux enfants « l’expression de leur monde interne », tout en facilitant l’échange avec l’autre. Ils pourraient ainsi « occuper une place dans l’espace transitionnel (D.W. Winnicott) ».

Les médiateurs  servent alors  » d’interprète entre la réalité psychique de l’enfant et la réalité externe « et permettent une « représentation des ressentis du monde interne de l’enfant qui devient dès lors « partageable » (notion de « médiateur malléable » de M. Milner« ).

Se situant précisément entre monde interne du sujet et réalité extérieure, ils peuvent aussi « aider à organiser la pensée de l’enfant à partir de l’expression d’affects«  qui, sans ce recours aux médiateurs seraient restés inaccessibles ou déniés, affects qu’en tant que psychologue nous pouvons alors reprendre et verbaliser en présence de l’enfant. Ainsi, le recours aux médiateurs peut s’avérer dans certains cas, être un support précieux à la relation thérapeutique.

Catherine Montluc

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mai 1, 2012 Posted by | Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Lire Viktor Frankl

Trop peu de ses ouvrages sont traduits en français, mais fort heureusement quelques uns, essentiels, sont disponibles dans notre langue. Parmi ceux ci, on peut citer : « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie » ou encore « Nos raisons de vivre. A l’école du sens de la vie »

Viktor Frankl (1905-1997) est autrichien.

Elève de Freud et d’Adler, il s’en éloignera pour développer sa propre conception : la thérapie par le sens de la vie ou « logothérapie ».

Rescapé des camps de concentration nazis, il enseigne la logothérapie en universités notamment aux USA, à Harvard, San Diego, Stanford …

Selon V. Frankl, la quête de l’homme serait avant tout celle du sens.

Ainsi s’il distingue plusieurs formes de névroses, Viktor Frankl en attribue certaines à l’incapacité de trouver un sens à sa vie et de se sentir responsable. Il s’appliquera avec ses patients à interroger ce vide existentiel et à répondre au besoin de la personne de donner un sens à sa vie.

V. Frankl citait souvent cette phrase de Nietzsche  » Celui qui a un « pourquoi » qui lui donne un but, peut vivre avec n’importe quel « comment » ».  V. Frankl nous en livre un témoignage d’une force exceptionnelle dans son ouvrage « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie », livre où il retrace son expérience vécue des camps de la mort et la façon dont il a survécu. Il dira de ce livre-témoignage qu’il « traite de préoccupations actuelles et de la façon de dire « oui à la vie » en dépit de tous ses aspects tragiques« .

Lire V. Frankl permet de mieux réfléchir à la manière dont on peut aider l’individu à acquérir cette capacité humaine essentielle et à devenir responsable de sa vie.

A lire et relire, parce que Viktor Frankl savait mieux que personne conjuguer « existentiel » et « essentiel ».

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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avril 21, 2012 Posted by | Au coin du feu - Livres, Uncategorized | , , , , , , , , , , | 6 commentaires

Penser les conduites addictives

Les approches psychanalytiques indiquent que les addictions seraient une « recherche d’un apport externe dont le sujet a besoin pour son équilibre et qu’il ne peut pas trouver au niveau de ses ressources internes » et une « tentative de maitrise d’un objet externe » (Jeammet P., 1997). Ou encore que la conduite addictive, qui se présente souvent comme une quête d’affranchissement de la dépendance affective, s’appuierait sur des « troubles de l’identification et des relations d’objet qui entraîneraient une dépendance aux objets externes » (P. Gutton, 1997).

O. Taïeb et al. (2008) en s’appuyant sur les travaux de P. Jeammet (1997) et de A. Green (1990) ont encore précisé que l’objet d’addiction serait toujours extérieur, toujours à la disposition du sujet dans une relation d’emprise réciproque et servirait de pare-excitations et d’enveloppe protectrice, évitant au sujet à la fois des angoisses de perte et des angoisses d’intrusion.

Ces éléments permettent de mieux penser les patients souffrant d’addictions et de proposer des pistes pour une prise en charge thérapeutique adaptée, répondant aux problématiques spécifiques du sujet avec addiction. Ils permettent en même temps de penser une importante spécificité de la relation thérapeutique avec ces patients.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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avril 21, 2012 Posted by | Addictions, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Encourager l’inscription du patient dans une temporalité orientée

En prolongement de sa réflexion,  P. Ricoeur, pour qui les « récits littéraires et histoires de vie, loin de s’exclure, se complètent » (1990), a développé l’idée du « secours de la fiction ».

Elle permettrait de trouver des repères temporels indispensables pour saisir notre expérience : « C’est précisément en raison du caractère évasif de la vie réelle que nous avons besoin du secours de la fiction pour organiser cette dernière rétrospectivement ».

La lecture du récit permettrait au lecteur de « refigurer » son expérience temporelle. (Ricœur P. ,1995).

Cette idée souligne à nouveau l’intérêt de la lecture de récits pour les patients.

En tant que psychologue, nous travaillons souvent lors des entretiens thérapeutiques avec les patients sur cette question de la temporalité.

Bien des troubles semblent liés à une difficulté pour les patients de s’inscrire dans une temporalité orientée et ayant un sens. Qu’il s’agisse de troubles de l’humeur, de dépression où les patients excluent les nouvelles possibilités du futur et ressassent parfois le passé dans une fixité délétère, ou des troubles psychotiques où se superposent plusieurs temporalités dans le même instant…

Encourager une inscription dans une temporalité ordonnée, au sein de la relation thérapeutique, en suscitant en particulier la narration, apparaît souvent comme l’une des clés du mieux être des patients.

Catherine Montluc

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avril 11, 2012 Posted by | identité narrative, Uncategorized | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Aider le patient à accéder à une identité narrative porteuse de sens pour lui

L’idée de l’apport en pratique psychothérapeutique d’un travail autour de la lecture de romans (bibliothérapie) ,  semble très intéressante si on l’envisage comme complémentaire de la narration encouragée par l’entretien thérapeutique. Elle pourrait permettre aux patients d’accéder à une identité narrative, de s’inscrire dans une temporalité ayant un sens et une intelligibilité et d’accéder à des changements de représentations de soi et du monde

Identité narrative

P. Ricoeur a développé et précisé ce concept d’« identité narrative » . Selon lui (1996), le récit offrirait une médiation entre identité mêmeté « malgré le temps, substantielle ou structurale » et identité ipséité « à travers le temps, mémorielle et promissive ». Les variations imaginatives auxquelles le lecteur accède par des propositions plurielles de rôles, de personnages, de situations, permet à l’identité « de ne pas devenir une autobiographie définitive qui équivaudrait à un ci-git pre mortem » (M.A. Ouaknin , 1994). Le livre réalise cette médiation essentielle par laquelle le lecteur « se défait de cette coïncidence de soi avec soi où le même « étouffe » sous lui-même »  (E. Levinas, 1974).

Soulignons que l’entretien thérapeutique procède pour partie de cette même démarche articulée autour de la narration, en vue pour le patient de conter sa propre histoire, de se raconter et d’accéder à une intelligibilité et à une possibilité de donner du sens à son histoire. La dimension narrative en apparait comme une clé, en métamorphosant une temporalité muette en une temporalité orientée et ayant un sens, en articulant et clarifiant l’expérience temporelle.

C’est en grande partie cette capacité à entrer dans une histoire porteuse de sens, qu’il s’agit souvent de susciter chez les patients dans la relation thérapeutique.

Catherine Montluc

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avril 7, 2012 Posted by | identité narrative, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Le « secours de la fiction », P. Ricoeur

Sur la fonction d’étayage et les bénéfices si particuliers du lire, nous reprenons ici les propos d’ A. Finkielkraut ou d’E. Orsenna (La Grande Librairie » – 2009 )

A. Finkielkraut : « Il y a deux sortes de livres, ceux qu’on a lu et ceux qu’on ne referme jamais… L’œuvre a un lien avec le monde et nous avons besoin de ce détour pour mieux comprendre ce qu’il en est de nous dans ce monde »

E. Orsenna : « Il n’y a étrangement pas de fonction à la littérature mais une sorte d’utilité supérieure : tisser des liens avec la vie de tous les jours ».

P. Ricœur (1985) avait formulé que la fonction de la lecture était d’être

« révélante et transformante à l’égard de la pratique quotidienne;

révélante, en ce sens qu’elle porte au jour des traits dissimulés, mais déjà dessinés au cœur de notre expérience praxique ;

transformante, en ce sens qu’une vie ainsi examinée est une vie changée ».

Catherine Montluc

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avril 3, 2012 Posted by | Uncategorized | , , , , | Un commentaire

Les vertus du roman – bibliothérapie

Le Pr Lejoyeux M. (2007) a déjà vanté les vertus du roman :  : « Je crois (…) au pouvoir psychothérapique et libérateur des gros romans (…) Ils pèsent sur nos bras et allègent notre esprit (…) Nous lisons notre histoire en croyant suivre une aventure extérieure. Stendhal écrivait déjà qu’un roman est (…) « un miroir que l’on promène le long d’un chemin » (…) Les romans (…) nous libèrent de nos émotions du moment (…), nous apaisent en changeant la thématique de nos angoisses. Ils nous sèvrent d’un présent que nous ne savons pas toujours comment fuir. ».

A. Memmi a également proposé ce développement intéressant sur le thème de la littérature: « L’art (…) nous propose un substitut magnificient de nos existences… réponse idéelle à des difficultés réelles ou imaginaires. C’est évident dans les œuvres de littérature à cause de leur forme discursive (…). Lorsque l’écriture fut inventée (…) ce n’était d’abord qu’un outil» écrit-il « on s’avisa de ses extraordinaires possibilités d’expression, de fixation, de transmission de l’ensemble de l’expérience humaine : on passa de l’écriture à la littérature.(…) La littérature est une vie rêvée selon les désirs de l’auteur et ceux du lecteur.»

Outre ces réponses à des difficultés quotidiennes offertes par la lecture et un accès au désir et au rêve, cette citation insiste sur la capacité de transmission de l’expérience humaine par le livre. P. Quignard l’a évoqué lui aussi dans La Grande Librairie (2009) : « Dans la lecture il y a quelque chose qui perd l’identité... un effacement qui fait que, de livre en livre, quelque chose de l’expérience humaine se transmet », octroyant ainsi une place à la question de l’identité et nous donnant des clés pour penser un apport de la lecture, dans nos pratiques.

Catherine Montluc

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avril 3, 2012 Posted by | Uncategorized | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Citation de J. Cocteau

Jean Cocteau, Essai de critique indirecte (1932) :

« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images. » 

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mars 20, 2012 Posted by | Citations, Uncategorized | , , , | Laisser un commentaire