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C. Montluc, psychologue

Emergence du langage verbal chez l’enfant autiste

La question de l‘émergence du langage verbal chez certains enfants autistes interroge la problématique de la discontinuité centrale pour ces enfants.

Ainsi, Barral A. et al. (2010) nous indiquent que certaines particularités du langage des personnes autistes pourraient être des compromis entre désir de parler et stratégies défensives inconscientes visant à atténuer l’intensité émotionnelle ou la complexité sensorielle, à éviter les éprouvés de discontinuité, tout en se lançant dans le langage verbal.

G. Haag (1996) avait aussi indiqué qu’il ne fallait pas que l’expression des mots soit vécue pour ces enfants autistes comme l’écoulement d’une substance corporelle. La parole émise par l’enfant avec le dos collé, ou de côté ou le pointage semblent répondre à cette contrainte et à protéger l’enfant d’une angoisse de se vider en parlant. L’émergence d’un mot bien articulé au milieu d’un flot de sons incompréhensibles pourrait jouer ce même rôle, celui de compromis entre le désir de parler et la défense, en constituant une enveloppe protectrice autour du mot pour éviter un vécu de rupture. Il permettrait aussi peut être à l’enfant, qui prononce un mot dont le sens pourrait être trop vite partagé, de ne pas se sentir trop impliqué dans la relation.

Il s’agirait alors pour l’enfant de s’essayer à la rencontre via le langage verbal mais dans une implication qui resterait acceptable pour lui, en essayant encore de se protéger et de favoriser un vécu de moindre angoisse.

Catherine Montluc,

Aller sur le site dédié aux consultations enfants, adultes, souffrance au travail et risques psychosociaux : Psychologue 75015

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mai 23, 2012 Posted by | Autisme, Autisme TED, Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

« L’enfant de remplacement » et le sentiment paradoxal de culpabilité

Tout enfant né après la mort d’un aîné n’est pas un « enfant de remplacement ».  M. Hanus précise qu’il ne serait son « remplaçant » « que dans la mesure où ses parents, sa mère n’ont pas pu en faire le deuil. Cet enfant de remplacement sans véritable place personnelle devient un objet de deuil. Il est amené à la vie dans le deuil, pour le deuil de ceux qui l’ont procréé à défaut de pouvoir en effectuer eux-mêmes le travail ».  Cet enfant de remplacement, » investi des fantasmes projetés par les parents sur l’enfant décédé, serait à cet égard toujours en défaut, l’enfant perdu et remplacé étant toujours idéalisé ».

Il apparaîtrait alors comme « l’objet fétichique de la mère, étant là pour porter le deuil de celui qui était avant lui et en faire le travail. Il est l’enfant d’une mère endeuillée d’un enfant. » (A. Sabbadini).

Comme l’a indiqué M. Porot, cet enfant, né dans une atmosphère de deuil non liquidé , identifié au mort dont on lui attribue la place, n’aurait pas le droit d’être lui-même et vivrait un sentiment de culpabilité paradoxal. Condamné à un non-être ou condamné à l’identique, auquel il lui serait difficile d’échapper, il souffrirait d’un sentiment de confusion de l’identité de soi.

Plus loin M. Porot (1996) indique encore que dans la survie de cet enfant, il y aurait comme une désignation. A propos de V. Van Gogh, célèbre « enfant de remplacement », V. Forrester décrit ce « frère mort dont il pense être, au mieux, le remplaçant, au pire, le meurtrier », « usurpant une place dans le monde des vivants ».

Si les parents se sentent coupables, voire tyrannisés par la culpabilité envers l’enfant perdu, ce deuil engendre aussi pour l’enfant de remplacement un sentiment paradoxal de culpabilité du survivant .

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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mai 23, 2012 Posted by | Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , , | 2 commentaires