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C. Montluc, psychologue

Encourager le patient à s’inscrire dans une temporalité orientée

Selon P. Ricoeur « récits littéraires et histoires de vie, loin de s’exclure, se complètent » (1990), . P. Ricoeur a ainsi développé l’idée du « secours de la fiction ».

Elle permettrait de trouver des repères temporels indispensables pour saisir notre expérience : « C’est précisément en raison du caractère évasif de la vie réelle que nous avons besoin du secours de la fiction pour organiser cette dernière rétrospectivement ». La lecture du récit permettrait au lecteur de « refigurer » son expérience temporelle. (Ricœur P. ,1995).

En tant que psychologue, nous travaillons souvent lors des entretiens thérapeutiques avec les patients sur cette question de la temporalité.

Bien des troubles semblent liés à une difficulté pour les patients de s’inscrire dans une temporalité orientée et ayant un sens. Qu’il s’agisse de troubles de l’humeur, de dépression où les patients excluent les nouvelles possibilités du futur et ressassent parfois le passé dans une fixité délétère, ou des troubles psychotiques où se superposent plusieurs temporalités dans le même instant…

Encourager une inscription dans une temporalité ordonnée, au sein de la relation thérapeutique, en suscitant en particulier la narration, apparaît souvent comme l’une des clés du mieux être des patients.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

février 13, 2014 Posted by | Bibliotérapie, identité narrative, thérapie, Uncategorized | , , , , , , | Laisser un commentaire

Cryptes et fantômes

N. Abraham et M. Torök ont décrit dans leur livre* les inclusions qu’ils nomment « cryptes » au sein du Moi, séquelles enkystées de deuils familiaux non liquidés. Le fonctionnement psychique d’un enfant au contact d’un parent porteur de crypte serait affecté d’une façon que ces auteurs ont désigné sous le terme de « travail du fantôme au sein de l’inconscient » (1978).  N. Abraham écrit : « le fantôme qui revient hanter est le témoignage de l’existence d’un mort enterré dans l’autre ».  Le fantôme résulterait ainsi des effets sur l’inconscient de la crypte d’un autre, des effets de son secret enfoui.

A. Ancelin Schützenberger ** écrit à ce sujet : « Le « fantôme » semble poursuivre son œuvre en silence et en secret. Il se manifeste par des mots occultés, par un non-dit, par un silence, par des béances dans la réalité, des lacunes laissées en soi par les secrets d’un autre. »

* ABRAHAM N. et TORÖK M. (1978), L’écorce et le noyau, Flammarion

**Anne Ancelin Schützenberger, Aïe mes Aïeux, DDB 1998

Catherine Montluc,  Psychologue Paris 15e

février 10, 2014 Posted by | Citations, Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Pensée et action – citation

Une citation d’André Malraux à partager :

«  Penser en homme d’action et agir en homme de pensée« ,

tant il m’apparaît que la pratique de la psychologie clinique sous tend non seulement la réflexion et notre capacité à penser les patients,

mais se joue également dans les actes que nous leur proposons.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

 

 

février 10, 2014 Posted by | Uncategorized | , , , , , | Laisser un commentaire

Iris, autiste peintre

En cette fin d’année, une jolie note de couleurs et de gaité à travers cet article publié sur DGS,  ou quand autisme, art et talent se conjuguent intimement sur la toile…

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

décembre 29, 2013 Posted by | Actualités, Autisme, Autisme TED | , , , , | Laisser un commentaire

Art et Psychanalyse – conférence de JD Nasio

A signaler, la conférence de J.D. Nasio

le vendredi 24 janvier :

 » Vallotton ou l’amertume et l’angoisse sublimées »

inscription auprès des Séminaires psychanalytiques de Paris au

01 46 47 66 04.

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

novembre 27, 2013 Posted by | Actualités, actualités séminaires | , , , , | Laisser un commentaire

Conférences – cycle 2014

Signalons la poursuite des conférences organisées par les Séminaires Psychanalytiques de Paris sur le thème « 7 emotions en Psychanalyse »  de décembre à juin 2014. Au programme cette année :

7 ÉMOTIONS (Suite)

7 Conférences le Mercredi ou le Samedi

J.-D. NASIO

DOULEUR

11 ou
14 décembre 2013

A. CICCONEA. FERRANT

HONTE

15 ou
18 janvier 2014

M. VALLEUR

PASSION

 5 ou 8 février

G. BONNET

VENGEANCE

12 ou 15 mars

D. BERTHON

DÉGOÛT

2 ou 5 avril

S. LACOMBEMme D. SÉROUGNE

NARCISSISME

 14 ou 17 mai

Mme D. BOURDIN

PLAISIR

 31 mai ou 11 juin

Lieu : Espace Reuilly, 21, rue Hénard, Paris 12-  Tel : 01 46 47 66 04

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

septembre 5, 2013 Posted by | Actualités, actualités séminaires | , , , , , | 2 commentaires

Encourager l’inscription du patient dans une temporalité orientée

Selon P. Ricoeur « récits littéraires et histoires de vie, loin de s’exclure, se complètent » (1990), . P. Ricoeur a ainsi développé l’idée du « secours de la fiction ».

Elle permettrait de trouver des repères temporels indispensables pour saisir notre expérience : « C’est précisément en raison du caractère évasif de la vie réelle que nous avons besoin du secours de la fiction pour organiser cette dernière rétrospectivement ». La lecture du récit permettrait au lecteur de « refigurer » son expérience temporelle. (Ricœur P. ,1995).

En tant que psychologue, nous travaillons souvent lors des entretiens thérapeutiques avec les patients sur cette question de la temporalité.

Bien des troubles semblent liés à une difficulté pour les patients de s’inscrire dans une temporalité orientée et ayant un sens. Qu’il s’agisse de troubles de l’humeur, de dépression où les patients excluent les nouvelles possibilités du futur et ressassent parfois le passé dans une fixité délétère, ou des troubles psychotiques où se superposent plusieurs temporalités dans le même instant…

Encourager une inscription dans une temporalité ordonnée, au sein de la relation thérapeutique, en suscitant en particulier la narration, apparaît souvent comme l’une des clés du mieux être des patients.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

 

août 3, 2013 Posted by | Bibliotérapie, thérapie | , , , | Laisser un commentaire

Autisme – Citation F. Tustin

« Personne ne contestera que les enfants atteints d’autisme psychogénétique sont d’accès difficile. Ce qui fera peut-être problème, c’est l’idée qu’ils ne sont pas d’accès tout à fait impossible. »

Cette citation de F. Tustin (1989) , comme une incitation, pour tous ceux qui agissent dans la relation d’aide et le soin,  à ne jamais s’arrêter, au delà et malgré les polémiques actuelles, à penser ces patients et les formes d’aide que l’on peut leur proposer.  Car l’interdit de penser serait alors  en miroir des processus de déliaison à l’oeuvre, ceux là-même qu’il s’agit justement de combattre.

Catherine Montluc, Psychologue 75015

août 3, 2013 Posted by | Autisme, Citations | , , , , | Un commentaire

Fonction du conflit et thérapie de couple

Pour tous ceux qui s’intéressent à la thérapie de couple, J.G. Lemaire* a souligné cette fonction essentielle du conflit dans le couple.

Ainsi écrit-il » Le couple oscille toujours entre l’aspiration fusionnelle et les besoins défensifs de cette individuation jamais totalement assurée... »

Il souligne la spécificité dans le couple des « processus d’inclusion mutuelle qui, même lorsqu’ils s’accompagnent de jouissance libidinale et de complétude narcissique, mettent cependant en danger l’individuation psychique de chacun des partenaires, obligeant parfois à une agressivité réactive. Telle est  » écrit il « précisément la fonction essentielle des conflits, dont il faut prendre en compte la dimension positive et la valeur de signe plutôt que de chercher à les supprimer ! Le conflit traduit ce mouvement dialectique et il est à considérer comme le point d’ancrage de la psychothérapie.  »

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

* J-G Lemaire  » Les mots du couple » , Payot

juillet 8, 2013 Posted by | Citations, thérapie, Thérapie de couple | , , , , , , , | Laisser un commentaire

L’ Art de la thérapie, par I. Yalom

A lire pour son humanisme éclairé, un humanisme en action  : il s’agit du dernier ouvrage d’Irvin D. Yalom, psychiatre, psychothérapeute et écrivain renommé.

Il vient de publier  » L’Art de la thérapie » aux Editions Galaade, nous donnant ainsi à lire sa passion pour ce métier qu’il exerce avec tant de talent et d’authenticité depuis maintenant 46 ans …

Voir nos précédents articles sur I. Yalom

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

juin 17, 2013 Posted by | Actualités, Au coin du feu - Livres | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Séminaire « La douleur »

La prochaine  « Journée scientifique » du Laboratoire de Psychologie Clinique et Psychopathologie (LPCP), organisée par le Pr Catherine Chabert et la revue Carnet Psy,  sera consacrée au thème de

« La douleur »

Elle aura lieu le samedi 16 novembre 2013 à la faculté de Médecine – 75006 Paris .

Parmi les intervenants : Jacques André, Catherine Azoulay, Catherine Chabert, Maurice Corcos, Vincent Estellon, Bernard Golse, Sylvain Missonnier ….

Plus d’informations sur http://www.carnetpsy.com

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

juin 7, 2013 Posted by | Actualités, actualités séminaires | , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Langage verbal et autisme (2)

Toujours au sujet de l’émergence du langage verbal chez les enfants autistes, soulignons que G. Haag * (1996) a indiqué qu’il ne fallait pas que l’expression des mots soit vécue par ces enfants autistes comme l’écoulement d’une substance corporelle.

Ainsi la parole émise avec le dos collé, ou de côté et le pointage semblent répondre à cette contrainte et à protéger l’enfant d’une angoisse de se vider en parlant.

De même,  elle a souligné le fait que c’est parfois, au milieu d’un flot incompréhensible de syllabes, que peut advenir l’émergence d’un mot bien articulé. Ce jargon constitué de syllabes incompréhensibles apparaîtrait alors comme un compromis entre désir de parler et défense, en constituant une enveloppe protectrice autour du mot comme pour éviter justement un vécu de rupture

* HAAG G. (1996), Réflexions sur quelques particularités des émergences de langage chez les enfants autistes, Journal de pédiatrie et de puériculture, Vol. 9

Voir l’article précédent sur ce sujet publié dans Pagepsy

Catherine Montluc, Psychologue 75015

avril 30, 2013 Posted by | Autisme, Autisme TED, TED, thérapie, Travail avec les enfants | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Langage verbal et autisme

A propos de l’émergence du langage verbal chez les personnes autistes, Barral A. et al.*  nous indiquent que certaines de ses particularités pourraient être des compromis entre désir de parler et stratégies défensives inconscientes visant à atténuer l’intensité émotionnelle ou la complexité sensorielle, à éviter les éprouvés de discontinuité, tout en se lançant dans le langage verbal.

* BARRAL A., BEN YOUSSEF R., LHEUREUX-DAVIDSE C., VARRO C. (2010), Emergences du langage dans le suivi d’enfants autistes en psychothérapie, La Psychiatrie de l’enfant, Vol LIII 2/2010.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

avril 30, 2013 Posted by | Autisme, Autisme TED, TED, thérapie, Travail avec les enfants | , , , , , , , , , | Un commentaire

Autisme – Journée du 2 avril

Rappelons le, aujourd’hui, 2 avril, c’est la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, déclaré Grande cause nationale en 2012… A cette occasion, 250 monuments dans le monde s’habillent d’éclairages bleus… Lire nos précédents billets sur le sujet

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

 

Visiter d’autres sites : Voir le site de l’institut PasteurVoir le site Autisme France

avril 2, 2013 Posted by | Actualités, Autisme, Autisme TED, TED | , , , , | Laisser un commentaire

Lecture et changement

Toujours à l’occasion du Salon du livre, revenons sur l’activité de lire et ses retentissements psychologiques :

La lecture est, nous l’avons évoqué, une coproduction entre l’auteur et le lecteur, toujours singulière et créatrice de sens multiples. Elle apparaît comme une mise à jour de nouvelles propositions de monde pour, en les habitant, entrer dans un mouvement conduisant au changement, à un être-autrement.

« Lecteur, je ne me trouve qu’en me perdant. La lecture m’introduit dans des variations imaginatives de l’ego » a écrit P. Ricœur (1986).

Il est à retenir que le lecteur n’entrerait pas, passif, dans un texte aux sens figés : « il existe toujours chez le lecteur une activité prévisionnelle et des promenades inférentielles » (U. Eco, 1979).

La lecture aurait ainsi un impact sur l’expérience quotidienne du lecteur, aboutissant à un élargissement ou un changement de son horizon, propriété plus précisément associée aux œuvres de fiction auxquelles « nous devons pour une grande part l’élargissement de notre horizon d’existence » (Ricœur P., 1983).

Voir le billet précédent sur ce thème

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

avril 1, 2013 Posted by | Actualités, Au coin du feu - Livres, Bibliotérapie, identité narrative | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Vient de paraître

Les traductions françaises de l’oeuvre Viktor E. Frankl sont bien trop rares ! C’est ce que nous déplorions dans un article précédent.. 

Il semble que nous n’étions pas les seuls à le regretter puisque les éditions  InterEditions viennent de rééditer son livre « Le Dieu inconscient », paru pour la première fois en France en 1975. A lire pour le souffle humaniste qui traverse toute son oeuvre et la pureté de sa pensée et de sa pratique clinique.

Voir les précédents articles de ce blog consacré à Viktor E. Frankl

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

mars 29, 2013 Posted by | Actualités, Au coin du feu - Livres | , , , , | Laisser un commentaire

A l’occasion du Salon du Livre 2013

Au moment ou s’achève l’édition 2013 du Salon du Livre à Paris, nous avons choisi de revenir plus spécifiquement sur certains bénéfices de la lecture, en particulier de la lecture de romans, et sur la résonance particulière que la lecture entretient avec le travail psychothérapique :

Le Pr Lejoyeux  écrivait en 2007 :  « Je crois (…) au pouvoir psychothérapique et libérateur des gros romans (…) Ils pèsent sur nos bras et allègent notre esprit (…) Nous lisons notre histoire en croyant suivre une aventure extérieure. Stendhal écrivait déjà qu’un roman est (…) « un miroir que l’on promène le long d’un chemin » »

Ailleurs  P. Quignard souligne aussi que la lecture est avant tout une expérience altruiste car elle suppose un effort d’affinement des perceptions et de la conscience pour accueillir les propos d’un autre. C’est un exercice où en fait, il ne nous serait pas demandé de lire mais d’écouter : « lire, c’est prêter l’oreille » écrit t-il. (1997)

U. Eco et P. Ricoeur nous ont enseigné que le livre n’est pas seulement une matière à analyser mais plutôt le support d’un événement relationnel. Le livre apparaît ainsi comme médiation, support d’une dynamique dialectique entre deux subjectivités, celles du lecteur et de l’auteur qui s’enrichissent mutuellement.

Ainsi pour P. Ricoeur (1986) le lecteur ne ferait pas qu’imposer au texte « sa propre capacité finie de comprendre, mais il s’expose aussi à recevoir de lui un soi plus vaste. ». Il ajoute « Lecteur, je ne me trouve qu’en me perdant. La lecture m’introduit dans des variations imaginatives de l’ego » .

P.H Tavoillot (2004), a aussi souligné à sa manière cette fonction du récit qui « nous sort d’une conception fixiste ou figée de l’identité : ni totalement à découvrir (comme une chose pré-donnée), ni seulement à inventer (comme un artifice). »

Le livre réaliserait ainsi cette médiation essentielle par laquelle le lecteur « se défait de cette coïncidence de soi avec soi où le même « étouffe » sous lui-même »  (E. Levinas, 1974).

 

 

Catherine Montluc,  Psychologue Paris 15e

Voir les articles précédents  sur le sujet

mars 28, 2013 Posted by | Actualités, Bibliotérapie, identité narrative, thérapie | , , , , , , , , | Un commentaire

Hospitalisme – Séminaire

A signaler, la conférence de Mme D. CANDILIS-HUISMAN, Jeudi 11 avril 2013, de 14h à 17h à l’Espace Reuilly, 21, rue Hénard, 75012 Paris  consacrée à « L’Hospitalisme, Le bébé séparé de sa mère », organisée par les SÉMINAIRES PSYCHANALYTIQUES DE PARIS. Renseignements au 01 46 47 66 04

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

mars 25, 2013 Posted by | Actualités, actualités séminaires, femmes, Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , | Laisser un commentaire

Grossesse et relation thérapeutique

En perspective de la prochaine conférence donnée par Monique Bydlowski* ( le 11 avril prochain au matin à l’espace Reuilly, journée organisée par les Séminaires Psychanalytiques de Paris), sur les liens précoces entre le bébé et sa mère, voici une citation extraite de son livre*, qui précise la spécificité de la relation thérapeutique à la femme enceinte. 

« La grossesse est donc ce moment privilégié de transparence psychique au cours duquel peut s’opérer une sorte d’alliance thérapeutique avec le narcissisme maternel. Cette alliance favorisera le dévoilement de fantasmes et de souvenirs ordinairement refoulés dont on sait aujourd’hui combien ils pourront peser sur l’enfant qui grandit. Partagés avec le thérapeute, tel souvenir chargé d’affect, tel fantasme invasif perdront leur charge émotionnelle. Elle se dissoudra au fil des entretiens, favorisant ainsi une plus grande disponibilité de la jeune mère envers son nouveau-né. En s’adressant au narcissisme maternel, il suffit ainsi, souvent, pour restaurer l’enfant qu’elle porte, de réparer celui qu’elle a été. » 

*« La dette de vie. Itinéraire psychanalytique de la maternité. »

 Voir le billet précédent consacré au concept de transparence psychique de Monique Bydlowski*,

Catherine Montluc, Psychologue 75015

mars 13, 2013 Posted by | actualités séminaires, Au coin du feu - Livres, Citations, concepts et pratique, femmes | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Autisme et violences

Au sujet des enfants autistes, F. Joly indique que « la violence ne se limite pas aux formes manifestes et saillantes des comportements bruyants, agressifs ou destructeurs (…) ; elle se double de formes silencieuses et «en creux» dans les retraits, replis, effacements, annihilations… (Elle) va enfin se déployer dans certaines formes – ou interdits – de penser. L’enfant autiste apparaît autant comme acteur que victime de nombreuses violences ».

Dans le travail avec l’enfant autiste, proposer une contenance psychique à l’enfant est essentiel, pour pouvoir l’offrir, le soignant doit être capable d’accueillir véritablement l’enfant et de lui restituer ses cris, ses gestes, affectés d’un sens.  Il peut alors espérer parvenir à réconcilier l’enfant avec une activité de mentalisation.

Catherine Montluc, Psychologue 75015

Voir le précédent article au sujet du travail avec les enfants autistes

mars 3, 2013 Posted by | Autisme, Autisme TED, Citations, Travail avec les enfants | , , , , , , , | Un commentaire

Ambivalence et paradoxalité

H. Sztulman, dans un texte d’inspiration freudienne sur les états limites, utilise le Mythe de Persée pour illustrer le concept de paradoxalité, un mode d’organisation psychique particulier avec sa fonction et ses effets. Il précise « Alors que la fonction du conflit psychique est de tenter de lier les termes en opposition, à l’inverse, la fonction de la paradoxalité est d’essayer d’éviter le conflit (interpersonnel, intrapsychique…). »

Or, écrit-il « le conflit fonde l’essence même de l’existence d’une vie psychique, en créant des liens, même s’il s’agit de liens d’opposition.  Au contraire, dans la déliaison psychique le conflit disparaît, rapprochant le sujet de la pulsion de mort. Le paradoxe, défense la plus radicale et la plus efficace pour lutter contre l’ambivalence, en liant les contraires annule le conflit psychique, mais l’opération se fait au risque de la dissociation psychotique. »

Encore selon H. Sztulman , « tout comme Oedipe, Persée fut l’objet d’un terrible destin : fruit d’amours interdites, il était promis à tuer son grand-père. Il dut affronter plusieurs épreuves jusqu’à l’ultime confrontation avec la Méduse, dont il parvint à trancher la tête. 

Une fois la tête de Méduse tranchée,  deux flots de sang distincts jaillirent de son cou : l’un était un poison mortel tuant instantanément toute personne entrant en contact avec lui ; l’autre, était un nectar possédant la propriété de guérir les malades et de ressusciter les morts. Ainsi, la levée du paradoxe libère et remet en circulation des courants pulsionnels intriqués qui fondent l’ambivalence, alors que ces deux flots avaient toujours été conjoints dans le paradoxe. « 

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

mars 3, 2013 Posted by | concepts et pratique, Uncategorized | , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Cryptes et fantômes, de l’indicible à l’innommable

N. Abraham et M. Torök ont décrit dans leur livre* les inclusions qu’ils nomment « cryptes » au sein du Moi, séquelles enkystées de deuils familiaux non liquidés. Le fonctionnement psychique d’un enfant au contact d’un parent porteur de crypte serait affecté d’une façon que ces auteurs ont désigné sous le terme de « travail du fantôme au sein de l’inconscient » (1978).  N. Abraham écrit : « le fantôme qui revient hanter est le témoignage de l’existence d’un mort enterré dans l’autre ».  Le fantôme résulterait ainsi des effets sur l’inconscient de la crypte d’un autre, des effets de son secret enfoui.

Quand un travail d’élaboration psychique ne se fait pas à une génération, il en résulterait pour les enfants de la génération suivante un clivage qui constituerait une « véritable préhistoire de leur histoire personnelle ». L’enfant devrait ainsi composer non pas avec une expérience traumatique personnelle, mais avec le clivage du ou des parents dont il dépend psychiquement. Il serait porteur d’un « fantôme ».

Pour l’enfant les évènements ne seraient pas seulement « indicibles » mais « innommables »,  ne pouvant faire l’objet d’aucune représentation verbale. Leurs contenus seraient ignorés et seule leur existence serait pressentie et interrogéeLes deuils non liquidés pourraient ainsi atteindre, sous des formes différentes, tout le système familial sur plusieurs générations.

A. Ancelin Schützenberger ** écrit à ce sujet : « Le « fantôme » semble poursuivre son œuvre en silence et en secret. Il se manifeste par des mots occultés, par un non-dit, par un silence, par des béances dans la réalité, des lacunes laissées en soi par les secrets d’un autre. »

* ABRAHAM N. et TORÖK M. (1978), L’écorce et le noyau, Flammarion

**Anne Ancelin Schützenberger, Aïe mes Aïeux, DDB 1998

Catherine Montluc,  Psychologue Paris 15e

février 26, 2013 Posted by | Citations, concepts et pratique, deuil, transgénérationnel, Travail avec les enfants | , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Citation – J. Hochmann – Autisme

Hochmann J.  (1984) : « L’autisme est un phénomène contagieux. L’enfant autiste par l’énigme qu’il représente, par la fascination qu’imposent son isolement, ses conduites répétitives et parfois ses talents paradoxaux, par l’emprise qu’il exerce autour de lui avec sa persistance dans l’immuable et par la véritable blessure qu’inflige à autrui le spectacle de ses crises d’angoisses dramatiques, modifie tous ceux qui l’approchent. Il est habile à susciter des fantasmes de toute puissance, à laisser croire à ses parents, ou à ses thérapeutes qu’eux seuls sont capables de le comprendre et possèdent la bonne manière de l’aider… mais la réalité se hâte de démentir les sentiments d’omnipotence. ».

Tenté successivement par la fascination ou l’abandon,  le soignant doit avant tout à s’efforcer de maintenir une constante créativité dans sa relation à l’enfant autiste,  créativité qui bien que « mise continuellement à mal par l’entropie psychotique » apparaîtrait comme renouvelant les possibilités d’évolution de l’enfant.

*J. Hochmann (1984) Pour soigner l’enfant psychotique. Odile Jacob

Catherine Montluc, Psychologue 75015

Consulter le précédent billet sur ce thème 

février 26, 2013 Posted by | Autisme, Autisme TED, Citations, TED, Travail avec les enfants | , , , , , , | 3 commentaires

Autisme et contagion

Etre soignant auprès d’enfants autistes fait souvent vivre des mouvements et des investissements contrastés et intenses, en miroir de ceux de l’enfant.  La possibilité alors pour le thérapeute de se soumettre au regard et à la critique d’autres soignants, dans un échange pluridisciplinaire , et de s’adosser à un travail en collectif et en institution, apparaît comme un atout, évitant au soignant de succomber à cette « contagion de l’autisme » et de se perdre avec l’enfant dans une position fusionnelle.

A la fascination de l’enfant, à l’illusion d’être seul à pouvoir l’aider, à un attachement exacerbé à l’enfant, menacent en effet de succéder la désillusion, un sentiment d’incompétence pouvant atteindre parfois au rejet. Hochmann écrit : « Contenir pour le soignant c’est d’abord se contenir, résister aux effets morcelant de la rencontre avec l’enfant. Celui-ci est habile à briser les liens entre nos pensées quand elles le concernent et à nous plonger dans un état de confusion dont nous pouvons chercher à sortir soudain par un mouvement passionnel, une colère subite ou une dépression passagère… Or, les soignants sont les garants symboliques de la continuité spatio-temporelle de l’enfant dont ils ont la responsabilité. »

De son côté aussi, l’enfant est susceptible de développer un attachement exclusif à un soignant, qui ne supporterait aucun manquement.  L’étayage sur un collectif soignant peut alors jouer pour l’enfant comme un pare-excitation, un « bruit de fond » atténuant l’intensité de la rencontre et relançant, ce faisant, ses possibilités d’évolution .

Catherine Montluc,  Psychologue Paris 15e

Voir les articles précédents sur le sujet

février 26, 2013 Posted by | Autisme, Autisme TED, Travail avec les enfants | , , , , , , , , | Un commentaire

Enfant de remplacement et travail de deuil

M. Porot dans son livre « L’enfant de remplacement » (1993), nous invite par un détour en littérature à mieux saisir la problématique si singulière de l’enfant de remplacement.  Il y cite un poème intitulé « Le Revenant », où Victor Hugo (« Contemplations »,1843)  se fait l’écho d’une mère qui, venant à nouveau d’enfanter après avoir perdu un premier enfant, poursuit son dialogue avec l’enfant mort :

« Elle entendit, avec une voix bien connue,

Le nouveau né parler dans l’ombre entre ses bras

Et tout bas murmurer : C’est moi. Ne le dis pas. » 

Et de préciser que si certains de ces enfants de remplacement parviennent à  surmonter ce handicap de départ –  notamment une atmosphère de deuil non accepté, l’identification au mort dont on leur attribue la place  et un sentiment de culpabilité paradoxal – d’autres enfants de remplacement, dans leur désir légitime d’exister par eux-mêmes, « seront amenés, inconsciemment à sortir des normes, (…) pour se démarquer du petit mort toujours trop vivant».   

Pour être soi-même et surmonter l’affirmation de parents qui ont désigné avant sa naissance cet enfant de remplacement par un « tu es le mort », il lui faudrait ainsi pouvoir « tuer le mort » (A. Couvez).  Cette formule, par nature certes cinglante, a le mérite d’insister sur la nécessité d’ accompagner les familles concernées dans leur travail de deuil pour que l’enfant vivant puisse accéder à une identité de soi.

Catherine Montluc, Psychologue 75015

Voir un précédent article sur l’enfant de remplacement

février 25, 2013 Posted by | Travail avec les enfants | , , , , , | Laisser un commentaire

Journées d’étude : attachement et séparation

Puisque nous avons récemment publié un billet sur le concept de transparence psychique de Monique Bydlowski*, nous signalons sa présence lors des journées d’étude consacrées à  l’attachement et la séparation entre le bébé et sa mère.

Ces journées sont organisées par les Séminaires Psychanalytiques de Paris, les 11 et 12 avril prochains

Catherine Montluc, Psychologue 75015

 « La dette de vie. Itinéraire psychanalytique de la maternité. » 

janvier 31, 2013 Posted by | Actualités, actualités séminaires, femmes | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

V. Frankl : « Vivre comme si c’était la seconde fois »

Pour mieux comprendre l’approche de V. Frankl, on peut s’arrêter sur cette citation tirée de son livre « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie » :

 » L’importance de la responsabilité se reflète dans ce défi (…) : vivre comme si c’était la seconde foisIl me semble que rien ne saurait davantage stimuler le sens des responsabilités que cette maxime. (…) On se trouve ainsi confronté tant au caractère limité de la vie qu’au caractère irrévocable de ce qu’on fait de sa vie et de soi- même. »

Rappelons que V. Frankl a enseigné la logothérapie dans plusieurs  universités, notamment aux USA, à Harvard, San Diego, Stanford … et que, rescapé des camps de concentration nazis, il s’est intéressé à cette quête du sens de la vie, selon lui, centrale chez l’homme.

En savoir plus sur Victor E. Frankl en lisant un précédent article de pagepsy ou cet autre

Catherine Montluc, Psychologue 75015

 

janvier 31, 2013 Posted by | Au coin du feu - Livres, Citations, Uncategorized | , , , , , | Laisser un commentaire

Victor E. Frankl, une tension inhérente à l’être humain

 Victor E. Frankl* :

 » la santé mentale est fondée sur un certain degré de tension entre ce que nous avons déjà réalisé et ce qui nous reste à réaliser ou sur la différence entre ce qu’on est et ce qu’on devrait être. Cette tension étant inhérente à l’être humain et donc indispensable à sa santé mentale, on ne devrait pas hésiter à le confronter avec le sens de sa vie. Ainsi, ce sens passera chez lui d’un état subconscient à un état conscient. A mon  avis, il est risqué de croire que la santé mentale dépend avant tout d’un équilibre intérieur dénué de toute tension. Ce dont l’humain a besoin, ce n’est pas de vivre sans tension  » …  » Il a besoin, non de se libérer de sa tension, mais plutôt de se sentir appelé à accomplir quelque chose. « 

Et de préciser le rôle du thérapeute et ses exigences :

« Donc, si le thérapeute veut renforcer la santé mentale de son client, il ne doit pas craindre de créer en lui une tension lorsqu’il essaie de l’orienter vers la recherche d’un but à atteindre. »

En savoir plus sur Victor E. Frankl en lisant un précédent article de pagepsy

Catherine Montluc, Psychologue 75015

« Decouvrir un sens à sa vie avec  la logotjérapie  » V. E. Frankl

janvier 28, 2013 Posted by | Au coin du feu - Livres, Citations, thérapie, Uncategorized | , , , , , , , | 2 commentaires

Sentiment de détresse et rupture migratoire

Grinberg L., Grinberg R. (1986) * précisent que le sentiment de détresse ressenti par certains migrants suite à la rupture migratoire serait lui-même

« basé originellement sur le modèle du traumatisme de la naissance (O. Rank) et sur la perte de la mère protectrice. Cela correspondrait aussi à l’expérience de la perte de l’« objet contenant » (Bion), qui entraîne comme conséquence la menace, dans des situations extrêmes, de désintégration et de dissolution moïque, avec perte des limites du Moi. Ce risque est perçu avec plus d’intensité, lorsque dans l’enfance on a subi des situations importantes de carence et de séparation, avec pour conséquence un vécu d’angoisse et de détresse » . 

* GRINBERG L., GRINBERG R., (1986), Psychanalyse du migrant et de l’exilé. Cesura Lyon Editions, coll. Psychanalyse.

Voir l’article précédent sur le même thème.

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

janvier 8, 2013 Posted by | Citations, migration, Uncategorized | , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Une rupture migratoire « toujours marquante »

« Éloignés du lieu de leurs ancrages narcissiques et de leurs repères symboliques, coupés des parfums et des saveurs du pays natal, ils [ces personnes que l’on nomme les immigrés] se retrouvent dans un contexte qui n’est plus soutenu par du familier. Ce déplacement vient réactiver les blessures infantiles et rendre plus lancinante la séparation d’avec l’objet du désir ; d’où parfois pour certains le vécu dépressif...»  Stitou R., 1997 

Sur la rupture migratoire, D. Calin souligne aussi (2003) qu’elle est toujours marquante, en sa forme radicale de changement de positionnement social. Les projections fantasmatiques sur les conditions d’arrivée et de vie dans le pays d’accueil sont souvent éloignées de la réalité, et les désillusions, souvent brutales. Cette rupture générerait chez nombre de migrants une crise identitaire, lancinante ou aiguë, et indirectement aussi, chez leurs descendants.

Acteurs de la rupture avec le groupe d’appartenance, les parents auraient parfois, comme l’indique E. Rude Antoine (2001) «un fantasme d’illégitimité».  Quand la recomposition identitaire est difficile pour des parents qui se sentent parfois blessés par la migration, l’élaboration identitaire des enfants pourrait aussi être entravée, ceci étant accentué par le vécu de dévalorisation parentale. Ces enfants se présenteraient alors souvent comme des victimes de leur histoire, avec parfois des sentiments de honte, d’humiliation ou des tendances auto-destructrices. E. Rude Antoine (2001) indique aussi que les récits de ces enfants montrent « une culpabilité en lien avec l’histoire que les parents portent et dont ils sont héritiers, notamment le sentiment d’une double faute, celle liée à l’acte d’émigrer et celle de la communauté d’origine qui les a laissés partir. »

Cette question nous permet d’insister sur l’importance d’un travail sur le transgénérationnel en séance avec les patients et plus encore avec ceux ayant dans leur histoire ou dans celles de leurs parents ou grands parents un vécu de rupture migratoire. Ceci dans le but d’aider au déploiement chez les patients d’une identité narrative ayant un sens et  une temporalité.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

janvier 7, 2013 Posted by | identité narrative, migration, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , | Un commentaire