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C. Montluc, psychologue

Autisme – Citation de F.Tustin

« Personne ne contestera que les enfants atteints d’autisme psychogénétique sont d’accès difficile. Ce qui fera peut-être problème, c’est l’idée qu’ils ne sont pas d’accès tout à fait impossible. »

Cette citation de F. Tustin (1989) , comme une incitation, pour tous ceux qui agissent dans la relation d’aide et le soin,  à ne jamais s’arrêter, au delà et malgré les polémiques actuelles, à penser ces patients et les formes d’aide que l’on peut leur proposer.  Car l’interdit de penser serait alors  en miroir des processus de déliaison à l’oeuvre, ceux là-même qu’il s’agit justement de combattre.

Catherine Montluc

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mai 5, 2012 Posted by | Autisme TED, Citations | , , , , | Laisser un commentaire

En séance avec un enfant – travail autour d’un médiateur

Les médiateurs peuvent être des outils précieux dans la relation thérapeutique avec l’enfant, comme le montre cet extrait d’une séance de travail avec un enfant, présentant un TED  et commençant tout juste à accéder au langage verbal.

En cours de séance, l’enfant s’était assis par terre. Nous nous étions installée près de lui. Il jouait avec les petits wagons d’un train,  les accrochait avec minutie les uns aux autres et se saisissait même de quelques figurines qu’il installait dans les wagons.

Mais au cours d’une de ces manipulations, l’enfant tira trop vivement sur l’un des wagons du train, qui se détacha. L’enfant nous tendit alors l’objet et articula, dans un souffle court, le mot « cassé ».

C’est la première fois que l’enfant prononçait en séance un mot autre que « papa », « maman » ou des quelques chiffres qu’il répétait en série.

L’événement ne tenait pas seulement au nouveau vocable prononcé par l’enfant et à sa pertinence en contexte mais aussi à son sens si particulier puisque une des problématiques majeures de cet enfant semblait être celle des processus de déliaison, des peurs et angoisses de discontinuité, de rupture, de désintégration.

Le travail a consisté à se saisir concrètement de l’occasion pour montrer à l’enfant comment réassembler l’objet « cassé ». Il s’agissait de retenir l’attention de l’enfant suffisamment pour que le train cassé, objet « décevant » ne soit pas purement et simplement annulé par l’enfant. Il s’agissait d’amener l’enfant à percevoir la possibilité de lui redonner forme, de réparer, d’anticiper une possibilité pour l’objet d’être à nouveau assemblé et entier. Il s’agissait aussi d’introduire lors de cette séance par la verbalisation devant l’enfant, la possibilité d’une nuance : ainsi partant du qualificatif  « cassé », on choisit d’énoncer devant l’enfant ceux de « détaché »ou de « décroché ». L’idée était de tenter de proposer une autre forme de discontinuité qui, celle là, pourrait être acceptable pour cet enfant.

Via ce médiateur, on a ainsi pu travailler avec l’enfant très concrètement en l’aidant à « recoller » les morceaux du train, tout en s’appuyant sur cette caractéristique des médiateurs d’être à mi-chemin entre réalité externe et réalité interne. Ce travail a ainsi fonctionné comme une métaphore d’ une possibilité de liaison entre deux parties séparées, encourageant l’enfant à chercher, face à cette forme de frustration vécue dans la réalité externe, un remède dans un recours à un processus de mentalisation.

Quelques séances plus tard, l’enfant nous tendant un objet, prononça à nouveau le mot « cassé », attendant visiblement une nouvelle réparation.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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mai 5, 2012 Posted by | Autisme TED, Travail avec les enfants | , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Pourquoi utiliser des médiateurs dans la relation thérapeutique avec les enfants

Dans le travail avec les enfants, l’utilisation de médiateurs permet d’enrichir considérablement la palette de nos interactions, tout en portant une attention particulière aux éléments non verbaux.

Ces médiateurs (dessins, pâte à modeler, jeux…) s’avèrent d’autant plus essentiels dans le travail avec des enfants dont les capacités d’expression verbale sont inégales et parfois absentes.

Quelles sont les principales fonctions de ces médiateurs dans le travail avec les enfants?

Selon J.B. Chapelier, ces médiateurs ont la particularité de se présenter souvent comme un « équivalent du langage ». Support de la relation, ils permettent aux enfants « l’expression de leur monde interne », tout en facilitant l’échange avec l’autre. Ils pourraient ainsi « occuper une place dans l’espace transitionnel (D.W. Winnicott) ».

Les médiateurs  servent alors  » d’interprète entre la réalité psychique de l’enfant et la réalité externe « et permettent une « représentation des ressentis du monde interne de l’enfant qui devient dès lors « partageable » (notion de « médiateur malléable » de M. Milner« ).

Se situant précisément entre monde interne du sujet et réalité extérieure, ils peuvent aussi « aider à organiser la pensée de l’enfant à partir de l’expression d’affects«  qui, sans ce recours aux médiateurs seraient restés inaccessibles ou déniés, affects qu’en tant que psychologue nous pouvons alors reprendre et verbaliser en présence de l’enfant. Ainsi, le recours aux médiateurs peut s’avérer dans certains cas, être un support précieux à la relation thérapeutique.

Catherine Montluc

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mai 1, 2012 Posted by | Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Lire Viktor Frankl

Trop peu de ses ouvrages sont traduits en français, mais fort heureusement quelques uns, essentiels, sont disponibles dans notre langue. Parmi ceux ci, on peut citer : « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie » ou encore « Nos raisons de vivre. A l’école du sens de la vie »

Viktor Frankl (1905-1997) est autrichien.

Elève de Freud et d’Adler, il s’en éloignera pour développer sa propre conception : la thérapie par le sens de la vie ou « logothérapie ».

Rescapé des camps de concentration nazis, il enseigne la logothérapie en universités notamment aux USA, à Harvard, San Diego, Stanford …

Selon V. Frankl, la quête de l’homme serait avant tout celle du sens.

Ainsi s’il distingue plusieurs formes de névroses, Viktor Frankl en attribue certaines à l’incapacité de trouver un sens à sa vie et de se sentir responsable. Il s’appliquera avec ses patients à interroger ce vide existentiel et à répondre au besoin de la personne de donner un sens à sa vie.

V. Frankl citait souvent cette phrase de Nietzsche  » Celui qui a un « pourquoi » qui lui donne un but, peut vivre avec n’importe quel « comment » ».  V. Frankl nous en livre un témoignage d’une force exceptionnelle dans son ouvrage « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie », livre où il retrace son expérience vécue des camps de la mort et la façon dont il a survécu. Il dira de ce livre-témoignage qu’il « traite de préoccupations actuelles et de la façon de dire « oui à la vie » en dépit de tous ses aspects tragiques« .

Lire V. Frankl permet de mieux réfléchir à la manière dont on peut aider l’individu à acquérir cette capacité humaine essentielle et à devenir responsable de sa vie.

A lire et relire, parce que Viktor Frankl savait mieux que personne conjuguer « existentiel » et « essentiel ».

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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avril 21, 2012 Posted by | Au coin du feu - Livres, Uncategorized | , , , , , , , , , , | 6 commentaires

Penser les conduites addictives

Les approches psychanalytiques indiquent que les addictions seraient une « recherche d’un apport externe dont le sujet a besoin pour son équilibre et qu’il ne peut pas trouver au niveau de ses ressources internes » et une « tentative de maitrise d’un objet externe » (Jeammet P., 1997). Ou encore que la conduite addictive, qui se présente souvent comme une quête d’affranchissement de la dépendance affective, s’appuierait sur des « troubles de l’identification et des relations d’objet qui entraîneraient une dépendance aux objets externes » (P. Gutton, 1997).

O. Taïeb et al. (2008) en s’appuyant sur les travaux de P. Jeammet (1997) et de A. Green (1990) ont encore précisé que l’objet d’addiction serait toujours extérieur, toujours à la disposition du sujet dans une relation d’emprise réciproque et servirait de pare-excitations et d’enveloppe protectrice, évitant au sujet à la fois des angoisses de perte et des angoisses d’intrusion.

Ces éléments permettent de mieux penser les patients souffrant d’addictions et de proposer des pistes pour une prise en charge thérapeutique adaptée, répondant aux problématiques spécifiques du sujet avec addiction. Ils permettent en même temps de penser une importante spécificité de la relation thérapeutique avec ces patients.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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avril 21, 2012 Posted by | Addictions, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Alexithymie et addiction

« L’un des buts du comportement addictif est de se débarrasser de ses affects ! (mettre) un écran de fumée sur la quasi-totalité de son expérience affective » (McDougall J.).

La dimension d‘alexithymie, terme inventé par Sifnéos caractérise l’absence de mots pour exprimer ses émotions (a: privatif; lexi: mots; thymie: émotions, humeur). En 1970, Sifneos a défini l’alexithymie comme un déficit : « une vie fantasmatique pauvre avec comme résultat (…) une tendance à utiliser l’action pour éviter les conflits et les situations stressantes, une restriction marquée dans l’expression des émotions et particulièrement une difficulté à trouver les mots pour décrire ses sentiments ». Elle serait « une inhabilité à pouvoir faire des connexions entre les émotions et les idées, les pensées, les fantasmes, qui en général les accompagnent ».

Rappelons avec I. Varescon (2007) que les études sur l’alexithymie ont indiqué une prévalence de cette caractéristique dans les conduites de dépendance.

Cette prévalence serait en lien comme l’a écrit C. Jouanne (2006) avec les troubles de la régulation émotionnelle chez ces sujets.  Les relations de dépendance engagées par les sujets alexithymiques envers des objets seraient une défense contre une dépendance affective menaçante pour leur identité. L’alexithymie pourrait ainsi s’envisager selon C. Jouanne, plus que sur le versant déficitaire comme  un « processus adaptatif, défense, gel pulsionnel, émotionnel, visant à protéger le sujet ».

I. Varescon (2009) a aussi souligné que les troubles émotionnels en termes de déficit ou régulation étaient un facteur de risque et de maintien des addictions comportementales ou « sans drogue » et de nombreuses études ont mis en évidence une corrélation positive entre alexithymie et dépression (Jouanne C., 2006).

L’alexithymie favoriserait le recours à l’addiction qui renforcerait « la défense jusqu’à la structurer du fait de l’appauvrissement relationnel qu’elle engendre et perpétue ».

Ailleurs, Corcos M et al. (2007) ont insisté sur l’alexithymie comme mécanisme de défense contre la dépression. Ils ont évoqué «  l’idée d’une défaillance du Symbolique ou/et de la représentation des émotions chez certains sujets. L’alexithymie renverrait à une position première dans le développement normal (…) sur laquelle l’activité psychique du sujet (…) se développe en fonction de la nourriture objectale (valeur émotionnelle, capacité de rêverie). Si le sujet régresse à cette position archaïque c’est que les liens noués dans l’enfance se sont nourris, pour une part, dans certaines interactions affectives de carence. Cette position régressive (…) protègerait de la dépression essentielle. ».

Catherine Montluc
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avril 18, 2012 Posted by | Addictions | , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La question de l’identité dans les addictions

Nombre d’auteurs qui ont écrit sur les addictions ont souligné l’importance de cette question de l’identité dans les problématiques de l’addiction.

Pedinielli J.L. et al. (1997) ont indiqué que si la majorité des travaux avait montré que l’addiction pouvait avoir des vertus sédatives, elle comportait aussi, selon les théories psychanalytiques, une fonction restitutive de l’identité.

G. Pirlot (2009) a exploré ce lien entre « addiction et problématique identitaire » :  le comportement « addictif » apparaissant comme un processus mettant en jeu un système de récompense lorsque, faute de « tonus psychique de base » et de « tonus de base identitaire », l’appareil psychique ne parvenait pas à réguler par lui-même ses conflits ou émotions en excès.

Ainsi un « déficit » de construction identitaire chez un individu serait propice au développement de comportements d’addiction.

D’autres auteurs, parmi lesquels P. Jeammet, ont indiqué aussi que le sentiment de sécurité intérieure semblant manquer au sujet, les addictions auraient fonction de compromis, en mettant sous emprise un élément de réalité extérieure, avec pour enjeu central la sauvegarde de l’identité (selon l’indication de Pedinielli et al., 1997).

O. Taïeb et al. (2008) ont aussi souligné qu’il était d’autant plus nécessaire de s’intéresser à la construction de l’objet « addiction » que les patients avec addictions, « face à la fragilité de leurs assises narcissiques, utilisent de façon prédominante la réalité externe pour sauvegarder leur identité »  Jeammet P. ( 1997) et organiser l’équilibre psychique interne.

Catherine Montluc

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avril 18, 2012 Posted by | Addictions | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Encourager l’inscription du patient dans une temporalité orientée

En prolongement de sa réflexion,  P. Ricoeur, pour qui les « récits littéraires et histoires de vie, loin de s’exclure, se complètent » (1990), a développé l’idée du « secours de la fiction ».

Elle permettrait de trouver des repères temporels indispensables pour saisir notre expérience : « C’est précisément en raison du caractère évasif de la vie réelle que nous avons besoin du secours de la fiction pour organiser cette dernière rétrospectivement ».

La lecture du récit permettrait au lecteur de « refigurer » son expérience temporelle. (Ricœur P. ,1995).

Cette idée souligne à nouveau l’intérêt de la lecture de récits pour les patients.

En tant que psychologue, nous travaillons souvent lors des entretiens thérapeutiques avec les patients sur cette question de la temporalité.

Bien des troubles semblent liés à une difficulté pour les patients de s’inscrire dans une temporalité orientée et ayant un sens. Qu’il s’agisse de troubles de l’humeur, de dépression où les patients excluent les nouvelles possibilités du futur et ressassent parfois le passé dans une fixité délétère, ou des troubles psychotiques où se superposent plusieurs temporalités dans le même instant…

Encourager une inscription dans une temporalité ordonnée, au sein de la relation thérapeutique, en suscitant en particulier la narration, apparaît souvent comme l’une des clés du mieux être des patients.

Catherine Montluc

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avril 11, 2012 Posted by | identité narrative, Uncategorized | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Aider le patient à accéder à une identité narrative porteuse de sens pour lui

L’idée de l’apport en pratique psychothérapeutique d’un travail autour de la lecture de romans (bibliothérapie) ,  semble très intéressante si on l’envisage comme complémentaire de la narration encouragée par l’entretien thérapeutique. Elle pourrait permettre aux patients d’accéder à une identité narrative, de s’inscrire dans une temporalité ayant un sens et une intelligibilité et d’accéder à des changements de représentations de soi et du monde

Identité narrative

P. Ricoeur a développé et précisé ce concept d’« identité narrative » . Selon lui (1996), le récit offrirait une médiation entre identité mêmeté « malgré le temps, substantielle ou structurale » et identité ipséité « à travers le temps, mémorielle et promissive ». Les variations imaginatives auxquelles le lecteur accède par des propositions plurielles de rôles, de personnages, de situations, permet à l’identité « de ne pas devenir une autobiographie définitive qui équivaudrait à un ci-git pre mortem » (M.A. Ouaknin , 1994). Le livre réalise cette médiation essentielle par laquelle le lecteur « se défait de cette coïncidence de soi avec soi où le même « étouffe » sous lui-même »  (E. Levinas, 1974).

Soulignons que l’entretien thérapeutique procède pour partie de cette même démarche articulée autour de la narration, en vue pour le patient de conter sa propre histoire, de se raconter et d’accéder à une intelligibilité et à une possibilité de donner du sens à son histoire. La dimension narrative en apparait comme une clé, en métamorphosant une temporalité muette en une temporalité orientée et ayant un sens, en articulant et clarifiant l’expérience temporelle.

C’est en grande partie cette capacité à entrer dans une histoire porteuse de sens, qu’il s’agit souvent de susciter chez les patients dans la relation thérapeutique.

Catherine Montluc

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avril 7, 2012 Posted by | identité narrative, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Le « secours de la fiction », P. Ricoeur

Sur la fonction d’étayage et les bénéfices si particuliers du lire, nous reprenons ici les propos d’ A. Finkielkraut ou d’E. Orsenna (La Grande Librairie » – 2009 )

A. Finkielkraut : « Il y a deux sortes de livres, ceux qu’on a lu et ceux qu’on ne referme jamais… L’œuvre a un lien avec le monde et nous avons besoin de ce détour pour mieux comprendre ce qu’il en est de nous dans ce monde »

E. Orsenna : « Il n’y a étrangement pas de fonction à la littérature mais une sorte d’utilité supérieure : tisser des liens avec la vie de tous les jours ».

P. Ricœur (1985) avait formulé que la fonction de la lecture était d’être

« révélante et transformante à l’égard de la pratique quotidienne;

révélante, en ce sens qu’elle porte au jour des traits dissimulés, mais déjà dessinés au cœur de notre expérience praxique ;

transformante, en ce sens qu’une vie ainsi examinée est une vie changée ».

Catherine Montluc

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avril 3, 2012 Posted by | Uncategorized | , , , , | Un commentaire

Les vertus du roman – bibliothérapie

Le Pr Lejoyeux M. (2007) a déjà vanté les vertus du roman :  : « Je crois (…) au pouvoir psychothérapique et libérateur des gros romans (…) Ils pèsent sur nos bras et allègent notre esprit (…) Nous lisons notre histoire en croyant suivre une aventure extérieure. Stendhal écrivait déjà qu’un roman est (…) « un miroir que l’on promène le long d’un chemin » (…) Les romans (…) nous libèrent de nos émotions du moment (…), nous apaisent en changeant la thématique de nos angoisses. Ils nous sèvrent d’un présent que nous ne savons pas toujours comment fuir. ».

A. Memmi a également proposé ce développement intéressant sur le thème de la littérature: « L’art (…) nous propose un substitut magnificient de nos existences… réponse idéelle à des difficultés réelles ou imaginaires. C’est évident dans les œuvres de littérature à cause de leur forme discursive (…). Lorsque l’écriture fut inventée (…) ce n’était d’abord qu’un outil» écrit-il « on s’avisa de ses extraordinaires possibilités d’expression, de fixation, de transmission de l’ensemble de l’expérience humaine : on passa de l’écriture à la littérature.(…) La littérature est une vie rêvée selon les désirs de l’auteur et ceux du lecteur.»

Outre ces réponses à des difficultés quotidiennes offertes par la lecture et un accès au désir et au rêve, cette citation insiste sur la capacité de transmission de l’expérience humaine par le livre. P. Quignard l’a évoqué lui aussi dans La Grande Librairie (2009) : « Dans la lecture il y a quelque chose qui perd l’identité... un effacement qui fait que, de livre en livre, quelque chose de l’expérience humaine se transmet », octroyant ainsi une place à la question de l’identité et nous donnant des clés pour penser un apport de la lecture, dans nos pratiques.

Catherine Montluc

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avril 3, 2012 Posted by | Uncategorized | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Bibliothérapie

Dans la mouvance des deux précédents articles sur « Lecture et dépendance », voici de quoi enrichir la réflexion sur un apport dans la pratique psychothérapeutique de la lecture, idée partagée par ceux qui s’intéressent à ce qu’on appelle la « bibliothérapie ». C’est à travers les écrits de Paul Ricoeur et d’Umberto Eco notamment que des clés nous sont données.

P. Ricoeur (1986) nous le rappelait : le lecteur ne fait pas qu’imposer au texte « sa propre capacité finie de comprendre, mais il s’expose aussi à recevoir de lui un soi plus vaste. ».

U. Eco (1979) a, quant à lui, mis en évidence à travers la notion de coopération textuelle,  que « le texte postule la coopération du lecteur comme condition d’actualisation » et qu’« un texte est un produit dont le sort interprétatif doit faire partie de son propre mécanisme génératif », l’interprétation ne venant pas après le livre, mais faisant partie du livre lui-même.

En ce sens, le lecteur n’entrerait pas, passif, dans un texte aux sens figés. La lecture est une coproduction entre l’auteur et le lecteur, toujours singulière et créatrice de sens multiples. « Lecteur, je ne me trouve qu’en me perdant. La lecture m’introduit dans des variations imaginatives de l’ego » a écrit P. Ricœur (1986).

Au regard de ces thèses, la lecture apparait comme un acte créatif, forçant l’imagination et réclamant une capacité d’étonnement et de changement du lecteur qui s’y adonne.

Lire serait ainsi être ouvert à la rencontre de l’étrangeté la plus radicale, le récit de l’autre venant, comme l’écrit M.A. Ouaknin (1994), « faire fracture » en soi pour ouvrir à une autre dimension du monde et à soi-même.

P.H. Tavoillot dans son article du Point (2004), a souligné à sa manière cette fonction du récit qui « nous sort d’une conception fixiste ou figée de l’identité : ni totalement à découvrir (comme une chose pré-donnée), ni seulement à inventer (comme un artifice). »

Ces quelques pistes de réflexion me semblent bien entendu avantageusement alimenter le travail du psychologue, si ce n’est directement par la bibliothérapie, du moins par la réflexion et le cheminement qu’elles soulignent, tant il est important que nous puissions  encourager nos patients à se (re)construire au travers d’une identité narrative dynamique et porteuse de sens pour eux.

Catherine Montluc

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Voir les articles précédents sur « lecture et dépendance »

mars 28, 2012 Posted by | Addictions, Bibliotérapie | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Citation de J. Cocteau

Jean Cocteau, Essai de critique indirecte (1932) :

« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images. » 

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mars 20, 2012 Posted by | Citations, Uncategorized | , , , | Laisser un commentaire

Pourquoi lire Irvin D. Yalom ?

On le connait surtout pour ses romans «  Et Nietzsche a pleuré« ,  » La méthode Schopenhauer« , « Mensonges sur le divan« , où il nous livre des récits savoureux entre fiction et thérapie.  Irvin Yalom est aussi et avant tout l’auteur d’essais qui nous plongent au coeur d’un humanisme sans concession. Ainsi en est-il de « Thérapie Existentielle » ou de « Jardin d’Epicure« .

En préface de son ouvrage « Le Jardin d’Epicure », Irvin Yalom cite une maxime de F. de la Rochefoucauld: « Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face ».  En post-face, I. Yalom aboutit à cet enseignement : regarder la mort en face, avec un soutien, repousse la terreur et rend la vie plus émouvante, précieuse, vitale. Une telle approche de la mort déboucherait sur une connaissance de la vie. Prendre conscience de notre condition humaine, de notre finitude, pour arriver à savourer ce que chaque moment a de précieux.

Les réflexions de Yalom sur les enjeux fondamentaux de l’existence s’illustrent aussi dans son ouvrage  « Thérapie Existentielle« .

Pour mieux nous faire partager sa vision, Yalom y fait un détour par les idées des grands penseurs qui ont affronté la question de la mort : les Stoïciens qui ont enseigné qu’apprendre à bien vivre équivalait à apprendre à bien mourir et que si la mort détruit l’homme, l’idée de la mort le sauve. Il fait appel aussi aux enseignements existentiels transmis par Heidegger : la conscience de la mort permettrait de passer à un mode d’existence supérieur, ou mode ontologique ou authentique par opposition au mode quotidien. Face à l’angoisse de mort, Yalom évoque aussi ce principe Epicurien: la mort n’est rien pour nous, quand nous sommes, la mort n’est pas là, quand la mort est là, nous ne sommes plus (Lucrèce). 

Irvin Yalom place l’étude de la psychopathologie sous l’angle de l’étude de l’échec d’un transcendance de la mort. Ainsi, la tentative d’échapper à l’angoisse de mort serait selon lui au coeur du conflit névrotique. Et de souligner, que toute défense contre la mort serait en soi une mort partielle, avec son lot de limitations de vie et de culpabilité existentielle. La conscience de la mort, elle, permettrait de différencier l’accessoire de l’important, de renoncer à l’accessoire et de définir ses priorités de vie.  Il ajoute aussi que moins une vie est vécue, plus l’angoisse de mort serait grande. La prise de conscience de la finitude peut, à son tour, devenir une expérience révélatrice, un catalyseur pour effectuer des changements de vie majeurs.  Ainsi une thérapie efficace devrait non seulement traiter le symptôme visible mais aussi la terreur sous-jacente de la mort qui en serait à l’origine.

Cette thérapie existentielle est dynamique. Elle met l’accent sur le conflit qui survient quand l’individu est confronté aux enjeux fondamentaux de l’existence : Mort, isolement fondamental, libérté et absence de sens. La thérapie existentielle consisterait ainsi à encourager l’individu à regarder au fond de lui et à assumer ces situations existentielles.

Catherine Montluc

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mars 7, 2012 Posted by | Au coin du feu - Livres | , , , , , , | 2 commentaires

Lecture et dépendance ?

      Les addictions positives, qui n’en a pas entendu parler ? Prenons l’addiction au sport par exemple, H. Murakami décrivait dans son livre « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond  » comment il s’était défait de sa dépendance à la cigarette par la pratique intensive du sport… Pratique-plaisir qui peu à peu s’était transformée en impérieux besoin.

Ces addictions dites « positives » bénéficient certes d’une image sociale valorisée mais restent des addictions, avec leurs dangers et les souffrance associées, et ce dès lors que l’être se tourne tout entier vers la satisfaction d’un besoin, besoin qui va peu à peu envahir et réduire le champ social de la personne qui s’y adonne.

Lecture et dépendance ? 

Un phénomène récent semble parcourir le net, mais cette fois ce sont des lecteurs* qui, laissant leurs témoignages sur de nombreux blogs et réseaux sociaux, s’auto-proclament ici lecteurs « compulsifs »* ou là, « bookaholics »* et engagent avec d’autres lecteurs des conversations autour des effets dévastateurs sur leur vie sociale de leur « dévorante » passion des livres.

C.M. Dominguez, dans son roman « La Maison de papier » (2004) nous conte aussi cette histoire fictive d’un lecteur passionné qui ne trouve d’autres moyens pour tenter d’échapper à sa dévorante passion des livres que de l’habiter directement plutôt que de se laisser habiter par elle et se fait bâtir une maison…. en briques de livres ! Mais cela, n’est que fiction, bien sûr.

Pourtant on se demande qui sont ces lecteurs « compulsifs » bien réels cette fois, lecteurs qui croyant que le livre dé-livre, se trouvent bientôt enchaînés à leur belle passion Que cherchent-ils dans cette frénétique lecture ? Pourquoi ceux là adopteraient un comportement proche de l’addiction tandis que pour d’autres grands lecteurs, les livres continueraient d’être comme autant de fenêtres ouvertes sur la vie, pour mieux voir, pour mieux embrasser et comprendre le monde ? Grands lecteurs, agis essentiellement par la recherche du plaisir, ou « bookaholics » agis par des motivations parfois tout autres… la frontière entre la passion et les comportements addictifs semble parfois ténue et si une conduite passionnée peut se transformer, sous certaines conditions, en dépendance, il faut cependant souligner que toute passion n’est pas destinée à devenir aliénante.

Le « normal » et le « pathologique »

Interroger avec discernement les catégories du « normal » et du « pathologique » est une nécessité et une exigence si l’on veut ne pas sombrer dans la stigmatisation des comportements.

Valleur M. et Matysiak J.C. ont déjà souligné que « le contraire de l’addiction n’est pas la liberté mais le fait de vivre plusieurs formes de dépendance, dont la variété et la multiplicité sont la meilleure protection contre l’enfermement aliénant envers l’objet unique. ». Il y aurait addiction dès lors que la conduite envahit toute la vie du sujet, centre la vie du sujet et le définit aux dépens de toute vie sociale ou affective. Cette idée est partagée par G. Darcourt (1997), pour lequel ce qui caractérise la dépendance pathologique et ses mécanismes massifs et rigides, est qu’elle « concerne un objet exclusif alors que la normale en concerne beaucoup ».

Article à suivre  « Lecture et dépendance – quel apport à la pratique psychothérapeutique ? »

Catherine Montluc

* Un grand merci à tous les lecteurs qui ont participé à cette recherche sur les lecteurs « compulsifs ». Pour plus de précisions quant à ces résultats, merci de me contacter directement.

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mars 5, 2012 Posted by | Addictions | , , , , , , , | 3 commentaires

Lecture et dépendance – Quel apport pour la pratique psychothérapeutique ?

(suite de l’article « Lecture et dépendance ? » ) 

Lecture et fonction « auto-thérapeutique » 

Pour ces lecteurs qui se disent « compulsifs« *, force est de constater, soulignons-le d’abord, que la lecture ne relève pas d’une addiction, ni même d’une addiction positive. Elle aurait cependant pour eux une fonction positive, « auto-thérapeutique », située sur un versant adaptatif, leur permettant le maintien d’un équilibre psychique interne. La spécificité des lecteurs se disant « compulsifs », tiendrait  essentiellement dans la façon qu’ils auraient d’investir et d’expérimenter l’acte de lire.*

Soulignons aussi que cette absence d’addiction à la lecture, semble partiellement tenir aux caractéristiques propres de la lecture.La lecture, de par sa nature même, serait « résistante » au développement de comportement d’addiction. Elle ne présente notamment pas cette qualité première d’objet extérieur « maîtrisable » auquel les personnes souffrant d’addiction recourent généralement. L’incomplétude du texte qui appelle la créativité du lecteur et l’impossibilité pour le lecteur de se saisir du récit intégralement et immédiatement en un unique mouvement, semblent en particulier, exclure la lecture du champ possible des addictions.

Un apport pour la pratique psychothérapeutique 

Ces lecteurs nous enseignent surtout qu’il serait possible de considérer l’apport, en pratique psychothérapeutique, d’un travail de lecture autour de romans, complémentaire celui-là, du travail de narration encouragée par l’entretien thérapeutique et permettant aux patients d’accéder à une identité narrative, de s’inscrire dans une temporalité ayant un sens et une intelligibilité et d’accéder à des changements de représentations de soi et du monde.  

Catherine Montluc

* Un grand merci à tous les lecteurs qui ont participé à cette recherche sur les lecteurs « compulsifs ». Pour plus de précisions quant à ces résultats, merci de me contacter, coordonnées sur http://psychologueparis15e.com

mars 5, 2012 Posted by | Addictions | , , , , , , , , , | 2 commentaires

Stress et Marathon 1

Demain, c’est le semi-marathon de Paris, alors voici pour les sportifs, un article spécial « Psychologie du sport »....

Y a t-il des spécificités dans le processus de stress que vit le sportif et en particulier le Marathonien amateur ?

L’épreuve sportive du Marathon engendrerait la mise en œuvre de particularités dans le processus de stress*, tant en termes d’évaluation que de coping et stratégies utilisées par le marathonien amateur. Défi, motivation intrinsèque et implication dans la tâche, stratégies de coping centrées sur le problème avec fixation d’un certain type de buts, semblent caractériser cette transaction entre le marathonien et l’épreuve.

– « Eutress » , « distress » et performance : une relation particulière du sportif au stress

Insistons d’abord sur une spécificité de la relation au stress du sportif et du marathonien en particulier. Force est de constater que pour le sportif, amateur ou professionnel, le stress s’apparente d’abord à l’«eutress» de H. Seyle.

En témoignent les propos recueillis par H. Ripoll (Le mental des champions) :

A. Biamonti, karatéka : « le stress c’est mon ami, j’en ai besoin… c’est une montée en vigilance »,

P. Gentil, taekwondo « c’est un booster, il décuple tes forces dans des actions extrêmes »,

T. Tuslane, tennisman, précise « Certes (il) est le plus gros frein à la concentration, mais c’est aussi ce qui te permet de te défoncer. Le gérer c’est garder le meilleur».

Pour autant qu’il soit bénéfique, le stress doit, au-delà d’un certain seuil, être canalisé sous peine de nuire à la performance… Pour faire du stress cet allié, les sportifs ont tous à combattre ses effets négatifs – «distress » cette fois – qui se manifeste par le développement d’affects négatifs associé à un haut niveau d’activation de l’organisme, mêlant dimensions cognitives et somatiques.

Cette citation issue de l’essai autobiographique de H. Murakami, marathonien : «Pain is inevitable, suffering is optional » saisit la nécessité pour le sportif de développer sa capacité à faire face et à s’ajuster aux facteurs de stress rencontrés. En dépendent en partie la performance et, à l’extrême, la capacité à prévenir la blessure physique tant redoutée, signal d’alarme, indiquant comme le souligne C. Le Scanff, que «des mécanismes d’ajustement, d’adaptation et de défense sont devenus inopérants pour gérer des situations conflictuelles, cognitives ou émotionnelles».

La théorie en U inversé de Yenkes et Dodson (1908 ), très utilisée en psychologie du sport, présente la relation éveil /anxiété et performance sportive comme curvilinéaire, définissant une zone individuelle optimale de performance que chaque sportif s’évertue à connaître.

A suivre,

Catherine Montluc

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mars 3, 2012 Posted by | Psychologie du sport | , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Stress et Marathon 2

Au delà de la diversité des marathoniens … il existerait des spécificités de l’application du modèle transactionnel du stress* au Marathon pour le coureur amateur en termes d’évaluation et de stratégies de coping et de mettre en lumière une influence de l’estime de soi et de la représentation sociale dans ce processus.

Premier point, en référence à ce modèle, lors de l’évaluation primaire, l’individu voit si la situation est pour lui du registre de la menace («threat»), de la perte («harm-loss») ou du défi («challenge»). Si perte et menace génèrent des émotions négatives (anxiété, culpabilité), le défi, lui générerait des émotions positives (confiance, plaisir). Une spécificité de l’évaluation primaire du marathonien amateur serait qu’il la situerait au niveau du défi lancé à soi-même en termes d’endurance, de gestion et d’optimisation de ses capacités avec les conséquences. Et comme l’écrit D. Lassare : « dans le défi, la personne trouve l’opportunité de se prouver à elle-même sa propre valeur, d’étendre sa maîtrise ou d’avancer dans son développement personnel», établissant ainsi un lien avec l’estime de soi.

Soulignons aussi que le marathonien amateur vit un engagement lié au plaisir, son investissement dans le sport est choisi. Cette motivation intrinsèque qui anime le marathonien (vs. extrinsèque qui renvoie aux récompenses/ sanctions) est liée aux bénéfices attendus en terme de «renforcement de compétence et d’autodétermination, de contacts sociaux et de recherche hédonique de sensations». (Delignières D.)  La nature de l’implication du sportif pourrait aussi influencer le processus de stress. Dans le cas du marathonien amateur l’investissement dans la tâche prédomine, favorisant buts flexibles et ajustements, la performance dépendant de sa lucidité, de son habileté et ses efforts avec des répercussions sur le stress (vs. dans l’ego où les buts sont peu contrôlables, anxiogènes et peu flexibles).

Des travaux ont aussi montré que les sportifs investis dans la tâche lient la réussite à l’effort et à la persistance (vs. ceux investis dans l’ego évoquant chance ou aptitude supérieure) et voient leurs erreurs comme une composante naturelle de l’acquisition des habiletésl’amélioration des performances satisfaisant leur critère de démonstration de compétence. Au regard de l’importance de la période de préparation pour le marathonien et de ses ajustements, ce point paraît essentiel dans la gestion dynamique du stress de long terme, la réévaluation y tenant une place centrale.

Pour faire face, le sportif adopterait généralement un coping actif et évolutif. Ses stratégies, dynamiques et flexibles, seraient davantage centrées sur le problème, permettant d’affronter la situation (recherche de moyens d’action, réorganisation de la tâche, accroissement de l’effort via l’entraînement mental, physique – vs. stratégies centrées sur l’émotion et le désengagement

La fixation de buts réalistes, spécifiques et proximaux, semble efficace et le recours à des buts de maîtrise visant au surpassement des standards personnels (par opposition aux buts de résultats dans un processus de comparaison sociale) constitueraient une stratégie de gestion du stress compétitif, en liaison avec l’implication dans la tâcheEn présentant une dissonance faible avec le niveau de ressources du sujet, ils réduiraient anxiété, peur de l’échec, risques d’altération de l’estime de soi, préservant le sentiment de compétence.

Si ce coping centré sur le problème paraît dominant, le marathonien à aussi recours au coping centré sur l’émotion qui concerne les actions visant à diminuer les états émotionnels liés au stress, notamment le monologue intérieur positif, la relaxation ou la recherche de soutien social.

L’estime de soi, à la fois antécédent et conséquence du stress,   influencerait «la façon dont les individus évaluent la situation et leur manière d’y faire face » et serait une clé de l’accomplissement des performances.

Alors, bonne course !

Catherine Montluc

*modèle transactionnel de Lazarus et Folkman. Pour rappel, selon Lazarus & Folkman, le processus de stress est une « transaction particulière entre l’individu et son environnement dans laquelle la situation est jugée par l’individu comme dépassant ses capacités et mettant en danger son bien-être». Ainsi, la situation de compétition n’apparaît pas stressante en soi. L’individu détermine le potentiel stressant de la situation par l’évaluation cognitive des demandes et de ses capacités à y répondre, « chacun fai(sant) son stress » (Rivolier, 1997)

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mars 3, 2012 Posted by | Psychologie du sport | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Marathon

Le sport est un vecteur majeur de représentation sociale.  Le sportif de haut niveau suscite admiration et identification.  Cette représentation positive a des répercussions pour le marathonien amateur, dont l’estime de soi se nourrit aussi de l’approbation sociale et du regard de l’autre.

Associée au Marathon, cette représentation présente des éléments spécifiques inscrits dans la mémoire collective : rappelons-nous, 490 av. JC, les soldats grecs et perses se tiennent face à face sur la plaine du marathon. L’armée grecque s‘impose et Philippidès, messager, s’élance pour l’annoncer aux Athéniens… il en meurt d’épuisement. Entre le lieu de la bataille et l’Acropole, une course de 40 kms, selon Hérodote, scribe à Athènes. Mythe ou réalité ?

Peu importe. Le marathon reste, comme l’écrit P. Mathiote, le prétexte d’une « communion universelle ». L’amateur peut y courir avec les meilleurs et c’est, comme le formulent H. Steffny & al., « une olympiade privée ».

Alors, bonne course !

Catherine Montluc

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mars 3, 2012 Posted by | Psychologie du sport | , , , , | Laisser un commentaire

Citation

Umberto Eco  (2000) :  » Autrefois, j’étais très indécis, mais à présent, je n’en suis plus si sur« ,

Loin de l’absurdité et malgré l’incohérence apparente, cette citation illustre surtout combien les  processus auto-réflexifs qui interviennent dans la représentation de Soi peuvent être complexes, jusqu’à créer une certaine « étrangeté à soi-même ».

Dans cette citation, l’auteur souligne avec humour, les paradoxes de la représentation de Soi.

 

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mars 2, 2012 Posted by | Citations | , , , , , | Laisser un commentaire

Citation

Une citation d’André Malraux à partager :

«  Penser en homme d’action et agir en homme de pensée« ,

tant il m’apparaît que la pratique de la psychologie clinique sous tend non seulement la réflexion et notre capacité à penser les patients,

mais se joue également dans les actes que nous leur proposons.

 

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mars 2, 2012 Posted by | Citations | , , , , , , | Laisser un commentaire

« Les Séparations, Victoires et catastrophes »

Mon coup de chapeau pour cette très belle  « Journée scientifique » de l’Equipe « Psychanalyse des changements. Crises, processus, pathologie », LPCP, organisée par Catherine Chabert et la revue Carnet Psy, qui a eu lieu le 15 octobre 2011 à la Faculté de Médecine à Paris.

« Les Séparations, Victoires et catastrophes »

Dès l’introduction, le ton est donné : Catherine Chabert déploie le récit d’un cas clinique. Partage d’un cas sur les séparations, de celles qui ponctuent inévitablement l’enfance, puis encore l’adolescence. Les séparations comme un leit motiv du devenir Soi.

On se laisse envahir par les mots qui résonnent en nous. On est pris dans ce même mouvement, dans ce même temps du récit, aux rythmes d’une ponctuation parfaite, respectant les silences, les respirations. En miroir, on plonge dans le récit, on s’en détache, on s’en sépare pour mieux entendre et faire vivre,  ex-ister. Un cas clinique qui nous est murmuré au creux de l’oreille comme un poème dit, et nous emporte vers des questionnements existentiels. On se confronte intimement à la condition humaine.

Le tour de force se poursuit tout au long de la journée. Cas cliniques et analyses nous sont proposés par les intervenants pour mieux éclairer et penser les séparations, les douleurs tout autant que les jouissances qui y sont attachées.

Mais la plus belle surprise de cette journée a été, sans conteste, ce trait d’union, inattendu et puissant, qui a donné au colloque sa force et l’a inscrit dans une continuité : je veux parler de Marguerite Duras, source jaillissante où sont venus puiser les intervenants, sans parvenir fort heureusement à y étancher totalement leur soif ni la nôtre, à s’ y des-altérer. « J’ai commencé à souffrir de la séparation avec toi. Je deviens fou… Je ne peux pas te séparer, c’est impossible, et je vais le faire, je le sais. » (Marguerite Duras, L’Amant de la Chine du Nord).

Ancrée dans cette évocation littéraire, Isée Bernateau nous a offert un véritable moment de grâce, une lecture vibrante, à même de faire toucher du doigt ce sentiment océanique, cette menace de la perte nichée au coeur même du processus de séparation… nous engageant à convoquer et à penser un « Barrage contre le Pacifique » .


Catherine Montluc


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octobre 17, 2011 Posted by | Actualités, actualités séminaires | , , , , , , | Un commentaire

Bienvenue sur Pagepsy

Bonjour,

Je suis psychologue clinicienne. J’ai créé Pagepsy pour offrir un nouvel espace où la parole puisse circuler librement.  Un espace pour s’interpeler, réfléchir, proposer, et aussi se tromper, raturer, écrire et réécrire….

Ce métier de psychologue, je l’ai choisi pour cela : aider ceux dont l’histoire est trop difficile à porter, à déployer des récits de vie porteurs de sens pour eux, à se raconter différemment pour vivre et se vivre autrement.

Pagepsy est cet espace de vie, ancré dans le récit, où l’Etre et Lettre se conjuguent intimement.

Merci à vous d’y participer.

Catherine Montluc

 

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octobre 10, 2011 Posted by | Bienvenue sur Pagepsy | , , , , , , , | Laisser un commentaire