Pagepsy, le blog

C. Montluc, psychologue

Journées d’étude : attachement et séparation

Puisque nous avons récemment publié un billet sur le concept de transparence psychique de Monique Bydlowski*, nous signalons sa présence lors des journées d’étude consacrées à  l’attachement et la séparation entre le bébé et sa mère.

Ces journées sont organisées par les Séminaires Psychanalytiques de Paris, les 11 et 12 avril prochains

Catherine Montluc, Psychologue 75015

 « La dette de vie. Itinéraire psychanalytique de la maternité. » 

janvier 31, 2013 Posted by | Actualités, actualités séminaires, femmes | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

V. Frankl : « Vivre comme si c’était la seconde fois »

Pour mieux comprendre l’approche de V. Frankl, on peut s’arrêter sur cette citation tirée de son livre « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie » :

 » L’importance de la responsabilité se reflète dans ce défi (…) : vivre comme si c’était la seconde foisIl me semble que rien ne saurait davantage stimuler le sens des responsabilités que cette maxime. (…) On se trouve ainsi confronté tant au caractère limité de la vie qu’au caractère irrévocable de ce qu’on fait de sa vie et de soi- même. »

Rappelons que V. Frankl a enseigné la logothérapie dans plusieurs  universités, notamment aux USA, à Harvard, San Diego, Stanford … et que, rescapé des camps de concentration nazis, il s’est intéressé à cette quête du sens de la vie, selon lui, centrale chez l’homme.

En savoir plus sur Victor E. Frankl en lisant un précédent article de pagepsy ou cet autre

Catherine Montluc, Psychologue 75015

 

janvier 31, 2013 Posted by | Au coin du feu - Livres, Citations, Uncategorized | , , , , , | Laisser un commentaire

Victor E. Frankl, une tension inhérente à l’être humain

 Victor E. Frankl* :

 » la santé mentale est fondée sur un certain degré de tension entre ce que nous avons déjà réalisé et ce qui nous reste à réaliser ou sur la différence entre ce qu’on est et ce qu’on devrait être. Cette tension étant inhérente à l’être humain et donc indispensable à sa santé mentale, on ne devrait pas hésiter à le confronter avec le sens de sa vie. Ainsi, ce sens passera chez lui d’un état subconscient à un état conscient. A mon  avis, il est risqué de croire que la santé mentale dépend avant tout d’un équilibre intérieur dénué de toute tension. Ce dont l’humain a besoin, ce n’est pas de vivre sans tension  » …  » Il a besoin, non de se libérer de sa tension, mais plutôt de se sentir appelé à accomplir quelque chose. « 

Et de préciser le rôle du thérapeute et ses exigences :

« Donc, si le thérapeute veut renforcer la santé mentale de son client, il ne doit pas craindre de créer en lui une tension lorsqu’il essaie de l’orienter vers la recherche d’un but à atteindre. »

En savoir plus sur Victor E. Frankl en lisant un précédent article de pagepsy

Catherine Montluc, Psychologue 75015

« Decouvrir un sens à sa vie avec  la logotjérapie  » V. E. Frankl

janvier 28, 2013 Posted by | Au coin du feu - Livres, Citations, thérapie, Uncategorized | , , , , , , , | 2 commentaires

Sentiment de détresse et rupture migratoire

Grinberg L., Grinberg R. (1986) * précisent que le sentiment de détresse ressenti par certains migrants suite à la rupture migratoire serait lui-même

« basé originellement sur le modèle du traumatisme de la naissance (O. Rank) et sur la perte de la mère protectrice. Cela correspondrait aussi à l’expérience de la perte de l’« objet contenant » (Bion), qui entraîne comme conséquence la menace, dans des situations extrêmes, de désintégration et de dissolution moïque, avec perte des limites du Moi. Ce risque est perçu avec plus d’intensité, lorsque dans l’enfance on a subi des situations importantes de carence et de séparation, avec pour conséquence un vécu d’angoisse et de détresse » . 

* GRINBERG L., GRINBERG R., (1986), Psychanalyse du migrant et de l’exilé. Cesura Lyon Editions, coll. Psychanalyse.

Voir l’article précédent sur le même thème.

Catherine Montluc,  Psychologue 75015

janvier 8, 2013 Posted by | Citations, migration, Uncategorized | , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Une rupture migratoire « toujours marquante »

« Éloignés du lieu de leurs ancrages narcissiques et de leurs repères symboliques, coupés des parfums et des saveurs du pays natal, ils [ces personnes que l’on nomme les immigrés] se retrouvent dans un contexte qui n’est plus soutenu par du familier. Ce déplacement vient réactiver les blessures infantiles et rendre plus lancinante la séparation d’avec l’objet du désir ; d’où parfois pour certains le vécu dépressif...»  Stitou R., 1997 

Sur la rupture migratoire, D. Calin souligne aussi (2003) qu’elle est toujours marquante, en sa forme radicale de changement de positionnement social. Les projections fantasmatiques sur les conditions d’arrivée et de vie dans le pays d’accueil sont souvent éloignées de la réalité, et les désillusions, souvent brutales. Cette rupture générerait chez nombre de migrants une crise identitaire, lancinante ou aiguë, et indirectement aussi, chez leurs descendants.

Acteurs de la rupture avec le groupe d’appartenance, les parents auraient parfois, comme l’indique E. Rude Antoine (2001) «un fantasme d’illégitimité».  Quand la recomposition identitaire est difficile pour des parents qui se sentent parfois blessés par la migration, l’élaboration identitaire des enfants pourrait aussi être entravée, ceci étant accentué par le vécu de dévalorisation parentale. Ces enfants se présenteraient alors souvent comme des victimes de leur histoire, avec parfois des sentiments de honte, d’humiliation ou des tendances auto-destructrices. E. Rude Antoine (2001) indique aussi que les récits de ces enfants montrent « une culpabilité en lien avec l’histoire que les parents portent et dont ils sont héritiers, notamment le sentiment d’une double faute, celle liée à l’acte d’émigrer et celle de la communauté d’origine qui les a laissés partir. »

Cette question nous permet d’insister sur l’importance d’un travail sur le transgénérationnel en séance avec les patients et plus encore avec ceux ayant dans leur histoire ou dans celles de leurs parents ou grands parents un vécu de rupture migratoire. Ceci dans le but d’aider au déploiement chez les patients d’une identité narrative ayant un sens et  une temporalité.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

janvier 7, 2013 Posted by | identité narrative, migration, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , | Un commentaire

Rencontre : Christophe André / Damien Le Guay

Puisque que mon dernier billet évoquait le livre récemment paru de Damien Le Guay, je signale aussi la rencontre organisée ce mardi par le FUDOP, forum universitaire de l’Ouest Parisien : D. Le Guay dirigera le débat en présence de Christophe André, invité à l’occasion de la parution de  son dernier ouvrage… Bonne rencontre !

Rencontre-débat exceptionnelle avec Christophe ANDRÉ, Psychiatre, auteur de “Méditer, jour après jour”, “Sérénité, 25 histoires d’équilibre intérieur”, “Imparfaits, libres et heureux, pratiques de l’estime de soi”…

mardi 20 novembre, de 12h30 à 13h15 sur
“COMMENT MIEUX VIVRE AVEC SOI-MÊME ET AVEC LES AUTRES”.
Une leçon de sagesse au plus près du quotidien.

Le débat sera dirigé par Damien Le GUAY, philosophe, essayiste, maître de conférences à HEC et collaborateur au Figaro Magazine
Espace Landowski, 28 avenue André Morizet, 92100 Boulogne
Entrée 5€ – gratuit pour le personnel de la Ville et pour les adhérents au FUDOP

Christophe André signera son dernier ouvrage.

On s’en reparle …

Catherine Montluc, Psychologue 75015

 

novembre 17, 2012 Posted by | Actualités, Au coin du feu - Livres | , , , , | Laisser un commentaire

Effacement et deuil, monde virtuel et monde réel

Damien Le Guay* est philosophe et vice Président du Comité national d’éthique du funéraire. Dans son dernier livre, paru en octobre 2012 aux Editions du Cerf, « la Mort en cendres », il livre une réflexion pertinente sur notre statut post mortem et sur la façon dont notre humanité regarde ses morts, à partir du constat de l’augmentation du nombre de crémations aujourd’hui en France.

La crémation concernerait 30% des décès et pourrait atteindre 50% d’ici peu. Un choix qui répondrait majoritairement aux soucis de « ne pas encombrer ses proches, ni polluer les paysages « . Un choix à la symbolique très pauvre : « le degré zéro des obsèques », et qui en dirait long sur notre humanité.

« Mon hypothèse, écrit-il*, est qu’il y a, de nos jours, un lien direct entre cette crémation et l’inhospitalité du « monde commun » décrit par Hannah Arendt. Les individus se pensent, de leur vivant , en surnombre au point d’accepter, une fois morts, de finir en  » déchets ultimes ».  » 

Nous serions condamnés à vouloir laisser de moins en moins de traces de notre vie, de notre passage sur terre.« Nous sommes, écrit il*, tous devenus ces Indiens des westerns qui, derrière eux, effacent le passage de leurs routes et donc d’eux-mêmes. »  La nouvelle peur serait celle « d’être visible », il y aurait « un souci presque comminatoire d’invisibilité« .

Fin observateur du monde actuel, il ajoute : «  Paradoxalement, les réseaux sociaux seraient une manière de laisser des traces dans le monde virtuel quand il est difficile d’en laisser dans le monde réel », et ce d’autant que sur la toile il n’est aucune trace mortuaire, ni tombes, ni cimetières… ceux là même appelés peut être à disparaître du monde réel si le choix de la crémation devenait celui de chacun… celui de tous.

L’une de nos missions, en tant que psychologue, consiste à accompagner les personnes endeuillées dans un nécessaire et toujours douloureux travail de deuil. Cette réflexion de D. Le Guay a le mérite de souligner l’enjeu d’une mutation en cours face à ces nouveaux paysages funéraires qui va de pair avec une certaine dynamique –  pour ne pas dire tyrannie – de l’ effacement, certes délétère mais qu’il s’agit surtout aujourd’hui de prendre en considération dans nos interventions.

* article paru dans Libération le 1er novembre 2012  » Une mort détraquée … comme la vie »  

Catherine Montluc, Psychologue 75015

novembre 16, 2012 Posted by | Actualités, Au coin du feu - Livres, deuil, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , , | Un commentaire

La transparence psychique, M. Bydlowski

« La grossesse est le moment d’un état psychique particulier, un état de susceptibilité ou de transparence psychique où des fragments de l’inconscient viennent à la conscience . »  C’est ainsi que Monique Bydlowski dans « La dette de vie. Itinéraire psychanalytique de la maternité. »  décrit l’état de transparence psychique de la femme enceinte.

Elle ajoute aussi que cette grossesse, occasion d’une « crise mâturative, contient sa propre capacité évolutive et contribue au processus de formation d’une identité nouvelle« .

Cet état de transparence psychique décrirait « à la fois un état relationnel particulier – d appel à l’aide latent et quasi permanent  – et une corrélation entre la situation de gestation actuelle et les remémorations infantiles » qui irait « de soi sans soulever de résistance ».

Ce billet n’a d’autre ambition que d’inciter ceux qui accueillent et proposent une relation d’aide à des femmes enceinte à lire ou à relire encore une fois ce texte tant le concept de transparence psychique ouvre les possibilités d’un travail riche et sans cesse renouvelé et créatif avec ces patientes. 

Catherine Montluc, psychologue Paris 15

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octobre 23, 2012 Posted by | Au coin du feu - Livres, Citations, concepts et pratique, femmes, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , | 4 commentaires

Psychoses infantiles – Citation de R. Diatkine

R. Diatkine  : «  Si l’on cesse d’aborder les psychoses infantiles en termes de manque, d’arrêt ou même de fixation, il faut admettre que cette organisation définit un mode d’être qui a une valeur pour les enfants qui en sont atteints. Tout traitement consiste d’abord à perturber cet ordre (…) provoquer un déséquilibre, qui ne peut être bénéfique que si l’intéressé découvre à cette occasion de nouvelles sources de plaisir, au niveau de son fonctionnement mental, au niveau de l’utilisation du langage. »

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C. Montluc

octobre 7, 2012 Posted by | Autisme, Autisme TED, TED, Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , | Laisser un commentaire

« Les séparations, Victoires et Catastrophes »

A lire dans le dernier numéro de Carnet Psy (juillet/aout 2012), les actes du colloque « Les séparations, Victoires et Catastrophes » du 15 octobre 2011 organisé par Catherine Chabert et le LPCP de l’Université Paris Descartes (1ère partie).

Lire à ce sujet l’article de pagepsy d’octobre 2011,

Consulter le site de la revue Carnet Psy

 

Catherine Montluc, Psychologue 75015

juillet 8, 2012 Posted by | actualités séminaires, Au coin du feu - Livres | , , , , , | Laisser un commentaire

Autisme et ethnopsychiatrie

Dans « Thérapeutiques » (2002), T. Nathan s’est intéressé à l’autisme et à la difficulté d’accès de ces enfants au langage verbal. Il a souligné « un grave malentendu » entre l’Occident et l’Afrique  : « les gens de là bas », écrit-il,  « pensent que certains enfants qui ne parlent pas ont ce comportement de manière intentionnelle, alors que nous pensons qu’ils souffrent d’une grave perturbation « .

T. Nathan précise ainsi par exemple que pour l’ethnie Soninké au Mali, ces enfants sont nommés « Wallibou » qui signifie «  Saint (de retour) », ailleurs, chez les Serer au Sénégal, on les appelle « O Kin O Pajer » : « qui part et qui revient », chez les Yorubas (Bénin- Nigéria), ils sont les « Abikus », les « morts renés ».

Ces théories traditionnelles indiquent que ces enfants seraient en lien avec les ancêtres de leur groupe avec lesquels ils continueraient à entretenir des relations bien après leur naissance.

Ces théories présentent en tous cas l’avantage de percevoir ces enfants à partir d’éléments positifs : On ne dit pas que ces enfants ne parlent pas ou qu’ils refusent la relation, mais qu’ils continuent à dialoguer avec les ancêtres. Le silence de l’enfant est interprété comme une conversation avec des êtres invisibles, signe d’une connaissance sur le monde quasiment innée ; le refus du langage serait un refus d’abandonner la langue des ancêtres ; les jeux stéréotypiques de ces enfants seraient alors perçus comme des messages sans cesse répétés jusqu’à ce qu’ils soient correctement interprétés par leur destinataire….

On peut voir dans la littérature occidentale actuelle évoquer cette nécessité face à l’enfant autiste de comprendre son univers, de le pénétrer, et finalement de reconnaître l’enfant autiste non sous l’angle d’un déficit mais d’une spécificité.

Et, T. Nathan de conclure qu’ « il s’agirait de convaincre l’autiste que le monde des humains n’est pas aussi hostile qu’il le parait. ».

Qu’on y adhère ou non, cette approche nous a paru mériter d’être citée notamment parce qu’elle prend le parti de souligner d’abord une nature spécifique de l’enfant présentant un TED et non pas un versant déficitaire.

Catherine Montluc,

Psychologue Paris 15, Psychologue 75015

juillet 2, 2012 Posted by | Autisme, Autisme TED, TED, Travail avec les enfants | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Emergence du langage verbal chez l’enfant autiste

La question de l‘émergence du langage verbal chez certains enfants autistes interroge la problématique de la discontinuité centrale pour ces enfants.

Ainsi, Barral A. et al. (2010) nous indiquent que certaines particularités du langage des personnes autistes pourraient être des compromis entre désir de parler et stratégies défensives inconscientes visant à atténuer l’intensité émotionnelle ou la complexité sensorielle, à éviter les éprouvés de discontinuité, tout en se lançant dans le langage verbal.

G. Haag (1996) avait aussi indiqué qu’il ne fallait pas que l’expression des mots soit vécue pour ces enfants autistes comme l’écoulement d’une substance corporelle. La parole émise par l’enfant avec le dos collé, ou de côté ou le pointage semblent répondre à cette contrainte et à protéger l’enfant d’une angoisse de se vider en parlant. L’émergence d’un mot bien articulé au milieu d’un flot de sons incompréhensibles pourrait jouer ce même rôle, celui de compromis entre le désir de parler et la défense, en constituant une enveloppe protectrice autour du mot pour éviter un vécu de rupture. Il permettrait aussi peut être à l’enfant, qui prononce un mot dont le sens pourrait être trop vite partagé, de ne pas se sentir trop impliqué dans la relation.

Il s’agirait alors pour l’enfant de s’essayer à la rencontre via le langage verbal mais dans une implication qui resterait acceptable pour lui, en essayant encore de se protéger et de favoriser un vécu de moindre angoisse.

Catherine Montluc,

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mai 23, 2012 Posted by | Autisme, Autisme TED, Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

« L’enfant de remplacement » et le sentiment paradoxal de culpabilité

Tout enfant né après la mort d’un aîné n’est pas un « enfant de remplacement ».  M. Hanus précise qu’il ne serait son « remplaçant » « que dans la mesure où ses parents, sa mère n’ont pas pu en faire le deuil. Cet enfant de remplacement sans véritable place personnelle devient un objet de deuil. Il est amené à la vie dans le deuil, pour le deuil de ceux qui l’ont procréé à défaut de pouvoir en effectuer eux-mêmes le travail ».  Cet enfant de remplacement, » investi des fantasmes projetés par les parents sur l’enfant décédé, serait à cet égard toujours en défaut, l’enfant perdu et remplacé étant toujours idéalisé ».

Il apparaîtrait alors comme « l’objet fétichique de la mère, étant là pour porter le deuil de celui qui était avant lui et en faire le travail. Il est l’enfant d’une mère endeuillée d’un enfant. » (A. Sabbadini).

Comme l’a indiqué M. Porot, cet enfant, né dans une atmosphère de deuil non liquidé , identifié au mort dont on lui attribue la place, n’aurait pas le droit d’être lui-même et vivrait un sentiment de culpabilité paradoxal. Condamné à un non-être ou condamné à l’identique, auquel il lui serait difficile d’échapper, il souffrirait d’un sentiment de confusion de l’identité de soi.

Plus loin M. Porot (1996) indique encore que dans la survie de cet enfant, il y aurait comme une désignation. A propos de V. Van Gogh, célèbre « enfant de remplacement », V. Forrester décrit ce « frère mort dont il pense être, au mieux, le remplaçant, au pire, le meurtrier », « usurpant une place dans le monde des vivants ».

Si les parents se sentent coupables, voire tyrannisés par la culpabilité envers l’enfant perdu, ce deuil engendre aussi pour l’enfant de remplacement un sentiment paradoxal de culpabilité du survivant .

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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mai 23, 2012 Posted by | Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , , | 2 commentaires

I. Yalom au théâtre Marigny le 4 juin 2012

Voici un événement à ne pas manquer !

Le 4 juin 2012 au Théâtre Marigny à Paris, Irvin Yalom sera présent pour une conférence unique à l’occasion de la parution de son dernier livre :  Le Problème Spinoza, aux éditions Galaade.

Cette rencontre exceptionnelle est organisée avec le soutien de Psychologies Magazine. 

Saluons cette promesse d’un moment d’exception. On y court...

Lire l’article précédent de Pagepsy consacré à I. Yalom, catégorie « Au coin du feu – Livres »

Catherine Montluc

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mai 5, 2012 Posted by | Actualités | , , , , , | Laisser un commentaire

Autisme – Citation de F.Tustin

« Personne ne contestera que les enfants atteints d’autisme psychogénétique sont d’accès difficile. Ce qui fera peut-être problème, c’est l’idée qu’ils ne sont pas d’accès tout à fait impossible. »

Cette citation de F. Tustin (1989) , comme une incitation, pour tous ceux qui agissent dans la relation d’aide et le soin,  à ne jamais s’arrêter, au delà et malgré les polémiques actuelles, à penser ces patients et les formes d’aide que l’on peut leur proposer.  Car l’interdit de penser serait alors  en miroir des processus de déliaison à l’oeuvre, ceux là-même qu’il s’agit justement de combattre.

Catherine Montluc

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mai 5, 2012 Posted by | Autisme TED, Citations | , , , , | Laisser un commentaire

En séance avec un enfant – travail autour d’un médiateur

Les médiateurs peuvent être des outils précieux dans la relation thérapeutique avec l’enfant, comme le montre cet extrait d’une séance de travail avec un enfant, présentant un TED  et commençant tout juste à accéder au langage verbal.

En cours de séance, l’enfant s’était assis par terre. Nous nous étions installée près de lui. Il jouait avec les petits wagons d’un train,  les accrochait avec minutie les uns aux autres et se saisissait même de quelques figurines qu’il installait dans les wagons.

Mais au cours d’une de ces manipulations, l’enfant tira trop vivement sur l’un des wagons du train, qui se détacha. L’enfant nous tendit alors l’objet et articula, dans un souffle court, le mot « cassé ».

C’est la première fois que l’enfant prononçait en séance un mot autre que « papa », « maman » ou des quelques chiffres qu’il répétait en série.

L’événement ne tenait pas seulement au nouveau vocable prononcé par l’enfant et à sa pertinence en contexte mais aussi à son sens si particulier puisque une des problématiques majeures de cet enfant semblait être celle des processus de déliaison, des peurs et angoisses de discontinuité, de rupture, de désintégration.

Le travail a consisté à se saisir concrètement de l’occasion pour montrer à l’enfant comment réassembler l’objet « cassé ». Il s’agissait de retenir l’attention de l’enfant suffisamment pour que le train cassé, objet « décevant » ne soit pas purement et simplement annulé par l’enfant. Il s’agissait d’amener l’enfant à percevoir la possibilité de lui redonner forme, de réparer, d’anticiper une possibilité pour l’objet d’être à nouveau assemblé et entier. Il s’agissait aussi d’introduire lors de cette séance par la verbalisation devant l’enfant, la possibilité d’une nuance : ainsi partant du qualificatif  « cassé », on choisit d’énoncer devant l’enfant ceux de « détaché »ou de « décroché ». L’idée était de tenter de proposer une autre forme de discontinuité qui, celle là, pourrait être acceptable pour cet enfant.

Via ce médiateur, on a ainsi pu travailler avec l’enfant très concrètement en l’aidant à « recoller » les morceaux du train, tout en s’appuyant sur cette caractéristique des médiateurs d’être à mi-chemin entre réalité externe et réalité interne. Ce travail a ainsi fonctionné comme une métaphore d’ une possibilité de liaison entre deux parties séparées, encourageant l’enfant à chercher, face à cette forme de frustration vécue dans la réalité externe, un remède dans un recours à un processus de mentalisation.

Quelques séances plus tard, l’enfant nous tendant un objet, prononça à nouveau le mot « cassé », attendant visiblement une nouvelle réparation.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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mai 5, 2012 Posted by | Autisme TED, Travail avec les enfants | , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Pourquoi utiliser des médiateurs dans la relation thérapeutique avec les enfants

Dans le travail avec les enfants, l’utilisation de médiateurs permet d’enrichir considérablement la palette de nos interactions, tout en portant une attention particulière aux éléments non verbaux.

Ces médiateurs (dessins, pâte à modeler, jeux…) s’avèrent d’autant plus essentiels dans le travail avec des enfants dont les capacités d’expression verbale sont inégales et parfois absentes.

Quelles sont les principales fonctions de ces médiateurs dans le travail avec les enfants?

Selon J.B. Chapelier, ces médiateurs ont la particularité de se présenter souvent comme un « équivalent du langage ». Support de la relation, ils permettent aux enfants « l’expression de leur monde interne », tout en facilitant l’échange avec l’autre. Ils pourraient ainsi « occuper une place dans l’espace transitionnel (D.W. Winnicott) ».

Les médiateurs  servent alors  » d’interprète entre la réalité psychique de l’enfant et la réalité externe « et permettent une « représentation des ressentis du monde interne de l’enfant qui devient dès lors « partageable » (notion de « médiateur malléable » de M. Milner« ).

Se situant précisément entre monde interne du sujet et réalité extérieure, ils peuvent aussi « aider à organiser la pensée de l’enfant à partir de l’expression d’affects«  qui, sans ce recours aux médiateurs seraient restés inaccessibles ou déniés, affects qu’en tant que psychologue nous pouvons alors reprendre et verbaliser en présence de l’enfant. Ainsi, le recours aux médiateurs peut s’avérer dans certains cas, être un support précieux à la relation thérapeutique.

Catherine Montluc

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mai 1, 2012 Posted by | Travail avec les enfants, Uncategorized | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Lire Viktor Frankl

Trop peu de ses ouvrages sont traduits en français, mais fort heureusement quelques uns, essentiels, sont disponibles dans notre langue. Parmi ceux ci, on peut citer : « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie » ou encore « Nos raisons de vivre. A l’école du sens de la vie »

Viktor Frankl (1905-1997) est autrichien.

Elève de Freud et d’Adler, il s’en éloignera pour développer sa propre conception : la thérapie par le sens de la vie ou « logothérapie ».

Rescapé des camps de concentration nazis, il enseigne la logothérapie en universités notamment aux USA, à Harvard, San Diego, Stanford …

Selon V. Frankl, la quête de l’homme serait avant tout celle du sens.

Ainsi s’il distingue plusieurs formes de névroses, Viktor Frankl en attribue certaines à l’incapacité de trouver un sens à sa vie et de se sentir responsable. Il s’appliquera avec ses patients à interroger ce vide existentiel et à répondre au besoin de la personne de donner un sens à sa vie.

V. Frankl citait souvent cette phrase de Nietzsche  » Celui qui a un « pourquoi » qui lui donne un but, peut vivre avec n’importe quel « comment » ».  V. Frankl nous en livre un témoignage d’une force exceptionnelle dans son ouvrage « Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie », livre où il retrace son expérience vécue des camps de la mort et la façon dont il a survécu. Il dira de ce livre-témoignage qu’il « traite de préoccupations actuelles et de la façon de dire « oui à la vie » en dépit de tous ses aspects tragiques« .

Lire V. Frankl permet de mieux réfléchir à la manière dont on peut aider l’individu à acquérir cette capacité humaine essentielle et à devenir responsable de sa vie.

A lire et relire, parce que Viktor Frankl savait mieux que personne conjuguer « existentiel » et « essentiel ».

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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avril 21, 2012 Posted by | Au coin du feu - Livres, Uncategorized | , , , , , , , , , , | 6 commentaires

Penser les conduites addictives

Les approches psychanalytiques indiquent que les addictions seraient une « recherche d’un apport externe dont le sujet a besoin pour son équilibre et qu’il ne peut pas trouver au niveau de ses ressources internes » et une « tentative de maitrise d’un objet externe » (Jeammet P., 1997). Ou encore que la conduite addictive, qui se présente souvent comme une quête d’affranchissement de la dépendance affective, s’appuierait sur des « troubles de l’identification et des relations d’objet qui entraîneraient une dépendance aux objets externes » (P. Gutton, 1997).

O. Taïeb et al. (2008) en s’appuyant sur les travaux de P. Jeammet (1997) et de A. Green (1990) ont encore précisé que l’objet d’addiction serait toujours extérieur, toujours à la disposition du sujet dans une relation d’emprise réciproque et servirait de pare-excitations et d’enveloppe protectrice, évitant au sujet à la fois des angoisses de perte et des angoisses d’intrusion.

Ces éléments permettent de mieux penser les patients souffrant d’addictions et de proposer des pistes pour une prise en charge thérapeutique adaptée, répondant aux problématiques spécifiques du sujet avec addiction. Ils permettent en même temps de penser une importante spécificité de la relation thérapeutique avec ces patients.

Catherine Montluc, Psychologue Paris 15e

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avril 21, 2012 Posted by | Addictions, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Alexithymie et addiction

« L’un des buts du comportement addictif est de se débarrasser de ses affects ! (mettre) un écran de fumée sur la quasi-totalité de son expérience affective » (McDougall J.).

La dimension d‘alexithymie, terme inventé par Sifnéos caractérise l’absence de mots pour exprimer ses émotions (a: privatif; lexi: mots; thymie: émotions, humeur). En 1970, Sifneos a défini l’alexithymie comme un déficit : « une vie fantasmatique pauvre avec comme résultat (…) une tendance à utiliser l’action pour éviter les conflits et les situations stressantes, une restriction marquée dans l’expression des émotions et particulièrement une difficulté à trouver les mots pour décrire ses sentiments ». Elle serait « une inhabilité à pouvoir faire des connexions entre les émotions et les idées, les pensées, les fantasmes, qui en général les accompagnent ».

Rappelons avec I. Varescon (2007) que les études sur l’alexithymie ont indiqué une prévalence de cette caractéristique dans les conduites de dépendance.

Cette prévalence serait en lien comme l’a écrit C. Jouanne (2006) avec les troubles de la régulation émotionnelle chez ces sujets.  Les relations de dépendance engagées par les sujets alexithymiques envers des objets seraient une défense contre une dépendance affective menaçante pour leur identité. L’alexithymie pourrait ainsi s’envisager selon C. Jouanne, plus que sur le versant déficitaire comme  un « processus adaptatif, défense, gel pulsionnel, émotionnel, visant à protéger le sujet ».

I. Varescon (2009) a aussi souligné que les troubles émotionnels en termes de déficit ou régulation étaient un facteur de risque et de maintien des addictions comportementales ou « sans drogue » et de nombreuses études ont mis en évidence une corrélation positive entre alexithymie et dépression (Jouanne C., 2006).

L’alexithymie favoriserait le recours à l’addiction qui renforcerait « la défense jusqu’à la structurer du fait de l’appauvrissement relationnel qu’elle engendre et perpétue ».

Ailleurs, Corcos M et al. (2007) ont insisté sur l’alexithymie comme mécanisme de défense contre la dépression. Ils ont évoqué «  l’idée d’une défaillance du Symbolique ou/et de la représentation des émotions chez certains sujets. L’alexithymie renverrait à une position première dans le développement normal (…) sur laquelle l’activité psychique du sujet (…) se développe en fonction de la nourriture objectale (valeur émotionnelle, capacité de rêverie). Si le sujet régresse à cette position archaïque c’est que les liens noués dans l’enfance se sont nourris, pour une part, dans certaines interactions affectives de carence. Cette position régressive (…) protègerait de la dépression essentielle. ».

Catherine Montluc
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avril 18, 2012 Posted by | Addictions | , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

La question de l’identité dans les addictions

Nombre d’auteurs qui ont écrit sur les addictions ont souligné l’importance de cette question de l’identité dans les problématiques de l’addiction.

Pedinielli J.L. et al. (1997) ont indiqué que si la majorité des travaux avait montré que l’addiction pouvait avoir des vertus sédatives, elle comportait aussi, selon les théories psychanalytiques, une fonction restitutive de l’identité.

G. Pirlot (2009) a exploré ce lien entre « addiction et problématique identitaire » :  le comportement « addictif » apparaissant comme un processus mettant en jeu un système de récompense lorsque, faute de « tonus psychique de base » et de « tonus de base identitaire », l’appareil psychique ne parvenait pas à réguler par lui-même ses conflits ou émotions en excès.

Ainsi un « déficit » de construction identitaire chez un individu serait propice au développement de comportements d’addiction.

D’autres auteurs, parmi lesquels P. Jeammet, ont indiqué aussi que le sentiment de sécurité intérieure semblant manquer au sujet, les addictions auraient fonction de compromis, en mettant sous emprise un élément de réalité extérieure, avec pour enjeu central la sauvegarde de l’identité (selon l’indication de Pedinielli et al., 1997).

O. Taïeb et al. (2008) ont aussi souligné qu’il était d’autant plus nécessaire de s’intéresser à la construction de l’objet « addiction » que les patients avec addictions, « face à la fragilité de leurs assises narcissiques, utilisent de façon prédominante la réalité externe pour sauvegarder leur identité »  Jeammet P. ( 1997) et organiser l’équilibre psychique interne.

Catherine Montluc

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avril 18, 2012 Posted by | Addictions | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Encourager l’inscription du patient dans une temporalité orientée

En prolongement de sa réflexion,  P. Ricoeur, pour qui les « récits littéraires et histoires de vie, loin de s’exclure, se complètent » (1990), a développé l’idée du « secours de la fiction ».

Elle permettrait de trouver des repères temporels indispensables pour saisir notre expérience : « C’est précisément en raison du caractère évasif de la vie réelle que nous avons besoin du secours de la fiction pour organiser cette dernière rétrospectivement ».

La lecture du récit permettrait au lecteur de « refigurer » son expérience temporelle. (Ricœur P. ,1995).

Cette idée souligne à nouveau l’intérêt de la lecture de récits pour les patients.

En tant que psychologue, nous travaillons souvent lors des entretiens thérapeutiques avec les patients sur cette question de la temporalité.

Bien des troubles semblent liés à une difficulté pour les patients de s’inscrire dans une temporalité orientée et ayant un sens. Qu’il s’agisse de troubles de l’humeur, de dépression où les patients excluent les nouvelles possibilités du futur et ressassent parfois le passé dans une fixité délétère, ou des troubles psychotiques où se superposent plusieurs temporalités dans le même instant…

Encourager une inscription dans une temporalité ordonnée, au sein de la relation thérapeutique, en suscitant en particulier la narration, apparaît souvent comme l’une des clés du mieux être des patients.

Catherine Montluc

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avril 11, 2012 Posted by | identité narrative, Uncategorized | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Aider le patient à accéder à une identité narrative porteuse de sens pour lui

L’idée de l’apport en pratique psychothérapeutique d’un travail autour de la lecture de romans (bibliothérapie) ,  semble très intéressante si on l’envisage comme complémentaire de la narration encouragée par l’entretien thérapeutique. Elle pourrait permettre aux patients d’accéder à une identité narrative, de s’inscrire dans une temporalité ayant un sens et une intelligibilité et d’accéder à des changements de représentations de soi et du monde

Identité narrative

P. Ricoeur a développé et précisé ce concept d’« identité narrative » . Selon lui (1996), le récit offrirait une médiation entre identité mêmeté « malgré le temps, substantielle ou structurale » et identité ipséité « à travers le temps, mémorielle et promissive ». Les variations imaginatives auxquelles le lecteur accède par des propositions plurielles de rôles, de personnages, de situations, permet à l’identité « de ne pas devenir une autobiographie définitive qui équivaudrait à un ci-git pre mortem » (M.A. Ouaknin , 1994). Le livre réalise cette médiation essentielle par laquelle le lecteur « se défait de cette coïncidence de soi avec soi où le même « étouffe » sous lui-même »  (E. Levinas, 1974).

Soulignons que l’entretien thérapeutique procède pour partie de cette même démarche articulée autour de la narration, en vue pour le patient de conter sa propre histoire, de se raconter et d’accéder à une intelligibilité et à une possibilité de donner du sens à son histoire. La dimension narrative en apparait comme une clé, en métamorphosant une temporalité muette en une temporalité orientée et ayant un sens, en articulant et clarifiant l’expérience temporelle.

C’est en grande partie cette capacité à entrer dans une histoire porteuse de sens, qu’il s’agit souvent de susciter chez les patients dans la relation thérapeutique.

Catherine Montluc

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avril 7, 2012 Posted by | identité narrative, Uncategorized | , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Le « secours de la fiction », P. Ricoeur

Sur la fonction d’étayage et les bénéfices si particuliers du lire, nous reprenons ici les propos d’ A. Finkielkraut ou d’E. Orsenna (La Grande Librairie » – 2009 )

A. Finkielkraut : « Il y a deux sortes de livres, ceux qu’on a lu et ceux qu’on ne referme jamais… L’œuvre a un lien avec le monde et nous avons besoin de ce détour pour mieux comprendre ce qu’il en est de nous dans ce monde »

E. Orsenna : « Il n’y a étrangement pas de fonction à la littérature mais une sorte d’utilité supérieure : tisser des liens avec la vie de tous les jours ».

P. Ricœur (1985) avait formulé que la fonction de la lecture était d’être

« révélante et transformante à l’égard de la pratique quotidienne;

révélante, en ce sens qu’elle porte au jour des traits dissimulés, mais déjà dessinés au cœur de notre expérience praxique ;

transformante, en ce sens qu’une vie ainsi examinée est une vie changée ».

Catherine Montluc

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avril 3, 2012 Posted by | Uncategorized | , , , , | Un commentaire

Les vertus du roman – bibliothérapie

Le Pr Lejoyeux M. (2007) a déjà vanté les vertus du roman :  : « Je crois (…) au pouvoir psychothérapique et libérateur des gros romans (…) Ils pèsent sur nos bras et allègent notre esprit (…) Nous lisons notre histoire en croyant suivre une aventure extérieure. Stendhal écrivait déjà qu’un roman est (…) « un miroir que l’on promène le long d’un chemin » (…) Les romans (…) nous libèrent de nos émotions du moment (…), nous apaisent en changeant la thématique de nos angoisses. Ils nous sèvrent d’un présent que nous ne savons pas toujours comment fuir. ».

A. Memmi a également proposé ce développement intéressant sur le thème de la littérature: « L’art (…) nous propose un substitut magnificient de nos existences… réponse idéelle à des difficultés réelles ou imaginaires. C’est évident dans les œuvres de littérature à cause de leur forme discursive (…). Lorsque l’écriture fut inventée (…) ce n’était d’abord qu’un outil» écrit-il « on s’avisa de ses extraordinaires possibilités d’expression, de fixation, de transmission de l’ensemble de l’expérience humaine : on passa de l’écriture à la littérature.(…) La littérature est une vie rêvée selon les désirs de l’auteur et ceux du lecteur.»

Outre ces réponses à des difficultés quotidiennes offertes par la lecture et un accès au désir et au rêve, cette citation insiste sur la capacité de transmission de l’expérience humaine par le livre. P. Quignard l’a évoqué lui aussi dans La Grande Librairie (2009) : « Dans la lecture il y a quelque chose qui perd l’identité... un effacement qui fait que, de livre en livre, quelque chose de l’expérience humaine se transmet », octroyant ainsi une place à la question de l’identité et nous donnant des clés pour penser un apport de la lecture, dans nos pratiques.

Catherine Montluc

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avril 3, 2012 Posted by | Uncategorized | , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Bibliothérapie

Dans la mouvance des deux précédents articles sur « Lecture et dépendance », voici de quoi enrichir la réflexion sur un apport dans la pratique psychothérapeutique de la lecture, idée partagée par ceux qui s’intéressent à ce qu’on appelle la « bibliothérapie ». C’est à travers les écrits de Paul Ricoeur et d’Umberto Eco notamment que des clés nous sont données.

P. Ricoeur (1986) nous le rappelait : le lecteur ne fait pas qu’imposer au texte « sa propre capacité finie de comprendre, mais il s’expose aussi à recevoir de lui un soi plus vaste. ».

U. Eco (1979) a, quant à lui, mis en évidence à travers la notion de coopération textuelle,  que « le texte postule la coopération du lecteur comme condition d’actualisation » et qu’« un texte est un produit dont le sort interprétatif doit faire partie de son propre mécanisme génératif », l’interprétation ne venant pas après le livre, mais faisant partie du livre lui-même.

En ce sens, le lecteur n’entrerait pas, passif, dans un texte aux sens figés. La lecture est une coproduction entre l’auteur et le lecteur, toujours singulière et créatrice de sens multiples. « Lecteur, je ne me trouve qu’en me perdant. La lecture m’introduit dans des variations imaginatives de l’ego » a écrit P. Ricœur (1986).

Au regard de ces thèses, la lecture apparait comme un acte créatif, forçant l’imagination et réclamant une capacité d’étonnement et de changement du lecteur qui s’y adonne.

Lire serait ainsi être ouvert à la rencontre de l’étrangeté la plus radicale, le récit de l’autre venant, comme l’écrit M.A. Ouaknin (1994), « faire fracture » en soi pour ouvrir à une autre dimension du monde et à soi-même.

P.H. Tavoillot dans son article du Point (2004), a souligné à sa manière cette fonction du récit qui « nous sort d’une conception fixiste ou figée de l’identité : ni totalement à découvrir (comme une chose pré-donnée), ni seulement à inventer (comme un artifice). »

Ces quelques pistes de réflexion me semblent bien entendu avantageusement alimenter le travail du psychologue, si ce n’est directement par la bibliothérapie, du moins par la réflexion et le cheminement qu’elles soulignent, tant il est important que nous puissions  encourager nos patients à se (re)construire au travers d’une identité narrative dynamique et porteuse de sens pour eux.

Catherine Montluc

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Voir les articles précédents sur « lecture et dépendance »

mars 28, 2012 Posted by | Addictions, Bibliotérapie | , , , , , , , | Laisser un commentaire

Citation de J. Cocteau

Jean Cocteau, Essai de critique indirecte (1932) :

« Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images. » 

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mars 20, 2012 Posted by | Citations, Uncategorized | , , , | Laisser un commentaire

Pourquoi lire Irvin D. Yalom ?

On le connait surtout pour ses romans «  Et Nietzsche a pleuré« ,  » La méthode Schopenhauer« , « Mensonges sur le divan« , où il nous livre des récits savoureux entre fiction et thérapie.  Irvin Yalom est aussi et avant tout l’auteur d’essais qui nous plongent au coeur d’un humanisme sans concession. Ainsi en est-il de « Thérapie Existentielle » ou de « Jardin d’Epicure« .

En préface de son ouvrage « Le Jardin d’Epicure », Irvin Yalom cite une maxime de F. de la Rochefoucauld: « Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face ».  En post-face, I. Yalom aboutit à cet enseignement : regarder la mort en face, avec un soutien, repousse la terreur et rend la vie plus émouvante, précieuse, vitale. Une telle approche de la mort déboucherait sur une connaissance de la vie. Prendre conscience de notre condition humaine, de notre finitude, pour arriver à savourer ce que chaque moment a de précieux.

Les réflexions de Yalom sur les enjeux fondamentaux de l’existence s’illustrent aussi dans son ouvrage  « Thérapie Existentielle« .

Pour mieux nous faire partager sa vision, Yalom y fait un détour par les idées des grands penseurs qui ont affronté la question de la mort : les Stoïciens qui ont enseigné qu’apprendre à bien vivre équivalait à apprendre à bien mourir et que si la mort détruit l’homme, l’idée de la mort le sauve. Il fait appel aussi aux enseignements existentiels transmis par Heidegger : la conscience de la mort permettrait de passer à un mode d’existence supérieur, ou mode ontologique ou authentique par opposition au mode quotidien. Face à l’angoisse de mort, Yalom évoque aussi ce principe Epicurien: la mort n’est rien pour nous, quand nous sommes, la mort n’est pas là, quand la mort est là, nous ne sommes plus (Lucrèce). 

Irvin Yalom place l’étude de la psychopathologie sous l’angle de l’étude de l’échec d’un transcendance de la mort. Ainsi, la tentative d’échapper à l’angoisse de mort serait selon lui au coeur du conflit névrotique. Et de souligner, que toute défense contre la mort serait en soi une mort partielle, avec son lot de limitations de vie et de culpabilité existentielle. La conscience de la mort, elle, permettrait de différencier l’accessoire de l’important, de renoncer à l’accessoire et de définir ses priorités de vie.  Il ajoute aussi que moins une vie est vécue, plus l’angoisse de mort serait grande. La prise de conscience de la finitude peut, à son tour, devenir une expérience révélatrice, un catalyseur pour effectuer des changements de vie majeurs.  Ainsi une thérapie efficace devrait non seulement traiter le symptôme visible mais aussi la terreur sous-jacente de la mort qui en serait à l’origine.

Cette thérapie existentielle est dynamique. Elle met l’accent sur le conflit qui survient quand l’individu est confronté aux enjeux fondamentaux de l’existence : Mort, isolement fondamental, libérté et absence de sens. La thérapie existentielle consisterait ainsi à encourager l’individu à regarder au fond de lui et à assumer ces situations existentielles.

Catherine Montluc

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mars 7, 2012 Posted by | Au coin du feu - Livres | , , , , , , | 2 commentaires

Lecture et dépendance ?

      Les addictions positives, qui n’en a pas entendu parler ? Prenons l’addiction au sport par exemple, H. Murakami décrivait dans son livre « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond  » comment il s’était défait de sa dépendance à la cigarette par la pratique intensive du sport… Pratique-plaisir qui peu à peu s’était transformée en impérieux besoin.

Ces addictions dites « positives » bénéficient certes d’une image sociale valorisée mais restent des addictions, avec leurs dangers et les souffrance associées, et ce dès lors que l’être se tourne tout entier vers la satisfaction d’un besoin, besoin qui va peu à peu envahir et réduire le champ social de la personne qui s’y adonne.

Lecture et dépendance ? 

Un phénomène récent semble parcourir le net, mais cette fois ce sont des lecteurs* qui, laissant leurs témoignages sur de nombreux blogs et réseaux sociaux, s’auto-proclament ici lecteurs « compulsifs »* ou là, « bookaholics »* et engagent avec d’autres lecteurs des conversations autour des effets dévastateurs sur leur vie sociale de leur « dévorante » passion des livres.

C.M. Dominguez, dans son roman « La Maison de papier » (2004) nous conte aussi cette histoire fictive d’un lecteur passionné qui ne trouve d’autres moyens pour tenter d’échapper à sa dévorante passion des livres que de l’habiter directement plutôt que de se laisser habiter par elle et se fait bâtir une maison…. en briques de livres ! Mais cela, n’est que fiction, bien sûr.

Pourtant on se demande qui sont ces lecteurs « compulsifs » bien réels cette fois, lecteurs qui croyant que le livre dé-livre, se trouvent bientôt enchaînés à leur belle passion Que cherchent-ils dans cette frénétique lecture ? Pourquoi ceux là adopteraient un comportement proche de l’addiction tandis que pour d’autres grands lecteurs, les livres continueraient d’être comme autant de fenêtres ouvertes sur la vie, pour mieux voir, pour mieux embrasser et comprendre le monde ? Grands lecteurs, agis essentiellement par la recherche du plaisir, ou « bookaholics » agis par des motivations parfois tout autres… la frontière entre la passion et les comportements addictifs semble parfois ténue et si une conduite passionnée peut se transformer, sous certaines conditions, en dépendance, il faut cependant souligner que toute passion n’est pas destinée à devenir aliénante.

Le « normal » et le « pathologique »

Interroger avec discernement les catégories du « normal » et du « pathologique » est une nécessité et une exigence si l’on veut ne pas sombrer dans la stigmatisation des comportements.

Valleur M. et Matysiak J.C. ont déjà souligné que « le contraire de l’addiction n’est pas la liberté mais le fait de vivre plusieurs formes de dépendance, dont la variété et la multiplicité sont la meilleure protection contre l’enfermement aliénant envers l’objet unique. ». Il y aurait addiction dès lors que la conduite envahit toute la vie du sujet, centre la vie du sujet et le définit aux dépens de toute vie sociale ou affective. Cette idée est partagée par G. Darcourt (1997), pour lequel ce qui caractérise la dépendance pathologique et ses mécanismes massifs et rigides, est qu’elle « concerne un objet exclusif alors que la normale en concerne beaucoup ».

Article à suivre  « Lecture et dépendance – quel apport à la pratique psychothérapeutique ? »

Catherine Montluc

* Un grand merci à tous les lecteurs qui ont participé à cette recherche sur les lecteurs « compulsifs ». Pour plus de précisions quant à ces résultats, merci de me contacter directement.

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mars 5, 2012 Posted by | Addictions | , , , , , , , | 3 commentaires

Lecture et dépendance – Quel apport pour la pratique psychothérapeutique ?

(suite de l’article « Lecture et dépendance ? » ) 

Lecture et fonction « auto-thérapeutique » 

Pour ces lecteurs qui se disent « compulsifs« *, force est de constater, soulignons-le d’abord, que la lecture ne relève pas d’une addiction, ni même d’une addiction positive. Elle aurait cependant pour eux une fonction positive, « auto-thérapeutique », située sur un versant adaptatif, leur permettant le maintien d’un équilibre psychique interne. La spécificité des lecteurs se disant « compulsifs », tiendrait  essentiellement dans la façon qu’ils auraient d’investir et d’expérimenter l’acte de lire.*

Soulignons aussi que cette absence d’addiction à la lecture, semble partiellement tenir aux caractéristiques propres de la lecture.La lecture, de par sa nature même, serait « résistante » au développement de comportement d’addiction. Elle ne présente notamment pas cette qualité première d’objet extérieur « maîtrisable » auquel les personnes souffrant d’addiction recourent généralement. L’incomplétude du texte qui appelle la créativité du lecteur et l’impossibilité pour le lecteur de se saisir du récit intégralement et immédiatement en un unique mouvement, semblent en particulier, exclure la lecture du champ possible des addictions.

Un apport pour la pratique psychothérapeutique 

Ces lecteurs nous enseignent surtout qu’il serait possible de considérer l’apport, en pratique psychothérapeutique, d’un travail de lecture autour de romans, complémentaire celui-là, du travail de narration encouragée par l’entretien thérapeutique et permettant aux patients d’accéder à une identité narrative, de s’inscrire dans une temporalité ayant un sens et une intelligibilité et d’accéder à des changements de représentations de soi et du monde.  

Catherine Montluc

* Un grand merci à tous les lecteurs qui ont participé à cette recherche sur les lecteurs « compulsifs ». Pour plus de précisions quant à ces résultats, merci de me contacter, coordonnées sur http://psychologueparis15e.com

mars 5, 2012 Posted by | Addictions | , , , , , , , , , | 2 commentaires